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Écrivain et artiste plasticien belge,
Monique Thomassettie
est l'auteur de plus de cinquante ouvrages (poésie, contes et nouvelles, roman, théâtre), dans lesquels elle « vivifie mythes et symboles en les variant, en les mouvementant ».

Certaines de ses œuvres ont été traduites en bosniaque, croate et anglais.


« Her poetry is unusual in several ways : in its imaginary, its pictorial qualities, as wel as in its deep sense od the sacred. Humorous touches are present as wel… » (Renée Linkhorn and Judy Cochran, Belgian Woman Poets, An Anthology, Peter Lang, New York, 2000.

« … un univers personnel empreint d'une magnifique poésie de l'être intime… Un talent rare d'une grande richesse intérieure qui s'offre à l'Autre au gré de publications singulières, donneuses de clés pour mieux saisir le monde tout d'originalité de l'auteur… »
Nathalie Lescop-Boeswildwald, « Les Amis de Thalie.


Monique Thomassettie


Blancs Oiseaux
Pastel de couverture :
© Monique Thomassettie,
"Vague de Lumière"

De Blancs Oiseaux boivent la Lumière
suivi de
Nuit de Grand Vent

Poésie


Réédition d'un recueil publié en 1994 et épuisé.
Enrichi de reproductions d'œuvres plastiques.

Un quintette pour quatuor à cordes et trombone basse a été composé par Luc Henrion sur « Nuit de Grand Vent ».


84 pages
6 reproductions
d'œuvres plastiques de l'auteur  en couleurs)
ISBN: 978-2-8070-0004-9
2015 – 15,00 EUR




Extrait

« Arbres
vos balancements
scandant la tempête
larges en moi
oscillent
En ma rêveuse enfance
déjà

Dès lors la solitude
me demeure étrangère »



De la terre          Du Ciel

De la Terre, huile, 1994                                                                  Du Ciel, huile, 1994


Ce qu'ils en ont dit


Inédit 272

Enfin de grands livres

Décidément je commence à m'habituer aux écriveurs abondants. Monique Thomassettie en est une aussi, produisant elle aussi des textes de tous les genres possibles. Sa bibliographie est imposante et elle adore mélanger poèmes, théâtre, légendes ou maximes. Sans compter, comme chez Anne Mounic, les peintures et dessins de qualité qui illustrent ses recueils. Les trois derniers livres reçus se singularisent par leur variété : un recueil de poèmes tout d'abord, sous un double titre en forme de questions : Vogue la Terre ? Vogue le Monde ? Poésie oui, dans un sens, mais déjà pas du tout dans les formes, proses, dialogues, aphorismes. Ce que je constate depuis que je connais cette poète, c'est qu'elle vit en poésie à tous les moments de sa vie et que l'on ne peut s'y tromper, même si parfois une prose prend le dessus. Ce livre comme de nombreux précédents se fait anthologie et c'est très bien ainsi. Faut-il mettre un ordre artificiel dans ces éclats d'une mémoire exceptionnelle, j'en doute. Montaigne et les moralistes sont assez riches pour s'en passer et se font lire avec passion. Ici l'ordre est interne et passe constamment de hue à dia, mais se lit sans autre effort que de suivre la poète dans ses jardins intimes. Si l'on veut pénétrer plus avant dans ce cerveau d'artiste, il faut tenir compte de la peintre, car là se trouve le fin du fin de ce qu'elle imagine, illustre bien mieux que de simplement écrire ou décrire. Ce n'est pas le dessin qui dit tout, mais les couleurs et les formes, nées de sa sensibilité à fleur de peau, une tentation constante d'amitié et de gentillesse qui transparaît dans chaque mot et chaque trait de pinceau ou de plume. Le volume suivant est un recueil double réédité. Paru d'abord chez Le Non-Dit en 1994, De blancs oiseaux boivent la lumière et Nuit de Grand Vent, illustré cette fois de sept aquarelles, huiles et pastels de l'auteure. J'avoue avoir flashé plus en lisant (ou plutôt consultant) le tome deux d'Intuition, ce journal à la fois intime, de pensées et de réflexions sur le parcours de la poète, que je sens proche de telles mystiques exprimant leur proximité affective avec leur dieu ou leur amour terrestre. Ces deux livres méritent notre chevet.

Paul Van Melle, Inédit nouveau

*

Monique Thomassettie, à dire le vrai, est une possédée de poésie. Il suffit de l’avoir rencontrée une fois pour en être persuadé. Elle fait de son propre aveu de la poésie à jet continu. Et il n’est pas jusqu’en son sommeil qu’elle ne versifie. C’est extraordinaire. Elle vient de faire paraître la réédition d’un recueil paru en 1993 à l’enseigne du « Non-Dit ». Elle découvre le monde avec ses yeux de chair et en fait la translittération, si l’on ose dire, dans sa vie intérieure, comme par exemple, dans « Nuit de Grand Vent ». Lisons son avertissement au lecteur, il en dit long sur elle.
« Une nuit de janvier, le vent me tenait éveillée. Des phrases chantaient en moi. Me levant, je m’en libérai en les écrivant, me recouchai ensuite. D’autres s’énoncèrent, me forçant à me relever. Dix fois de suite ».
Pensant par métaphores, les images se succèdent à un rythme soutenu.
« Nid de verdure
Froufrou de plumes
si blanches
Et l’aile claque
comme voile sur mer »
On serait tenté de qualifier sa poésie de « panthéistique » tant elle se sent proche de la nature, dans son chaos originel, où Dieu – croit-on – s’est atomisé. Elle ne laisse pas de la célébrer en des incantations de Grande prêtresse.
« Me battre ?
Non :
sombrer en ses volutes qui naviguent
sur des boucles noires océanes
denses comme l’idée du vin
C’est un ange C’est Dieu
versant des coulées magmatiques
d’absolu ».
Voici un recueil qui plaira aux amateurs de rythmes, et de mots débordant de couleurs, bien digne de l’artiste-peintre qu’est l’auteur, par surcroît. Ses textes sont illustrés de quelques reproductions de ses peintures, où l’on voit des ciels tourmentés de nuages, des torrents de lumière, des hommes et des femmes déchirés entre ciel et terre, comme ils le sont en eux-mêmes, dans le doute si l’humanité est don de Dieu ou construction du hasard.
 
Marcel Detiège, AEB.

*

Belle idée que cette réédition des poèmes datés de 1991 à 1994 et présentés dans le sens chronologique inverse, au beau titre pour une poétesse et peintre dont l’intense activité graphique et plastique  (des centaines de tableaux à l’huile…) croise ses marques avec les mots, dont on peut trouver ici quelques traces dans les reproductions qui ne figuraient pas dans l’édition originale du Non-Dit (en 1994, un quatrième volume de vers pour notre auteure).

Ce que j’aime particulièrement ici – et nuançons, je ne suis pas toujours absolument convaincu par certains de ces longs poèmes lyriques qui composent certains volumes qui ont suivi ces « Blancs Oiseaux » - c’est la clarté scintillante (eh ! oui, une vraie lumière)  de ces très courtes poésies (pp.27, 33, 35, 37, 46, 47…) qui délivrent une scansion frappante, où les allitérations (« de dédales…où les dés durement résonnent »), où les fulgurances sonnent :

Sève
vin impérieux
exigeant d’être bu à son âge
attend son heure
et les feuillages

ou

Toucher les fonds
En revenir ailée

 

C’est parfois un peu « métaphoriquement fleuri » (« Fleurs de mon âme…mes espérances ») mais les belles images abondent : « lumière à naître/forme blanc sourd /Faite chair », « Je la palpe/ Nourrisson de lumière »

Sept vignettes figuratives très colorées donnent une bonne idée du talent plastique de l’auteur.
Un bel exemple de poésie classique, non rimée.

Philippe Leuckx, Recours au poème

*

Monique Thomassettie est peintre autant que poète : certains de ses poèmes furent composés pour illustrer ses tableaux. Elle a créé le logo de la Maison d’édition M. E. O. et ses tableaux ornent aussi ses couvertures et celles d’autres volumes de l’éditeur. Une inspiration dynamique aux couleurs flamboyantes - « compacte [sa]lumière », « des blocs d’arc-en-ciel / plein les bras », « des couleurs magmatiques / d’Absolu ».
Une inspiration bouillonnante qui se retrouve aussi dans sa langue écrite, textes poétique plutôt que poèmes, qui se propose de « Pétrir à plein cœur / les argiles des mots ». Une entreprise roborative de créer « Un Monde [qui prenne] appui sur les cailloux d’espoir » en célébrant la « joie de l’esprit/ dans le corps /du corps autour de lui // Cet esprit et ce corps qui sont miens ». Épanchement tumultueux et interrogation qui se retrouvent aussi dans la multiplicité de son d’inspiration métaphysique éclatée qui s’interroge, comme en témoigne le titre doublement interrogatif du second volume, sur une Terre et un Monde toujours à construire entre « l’imagination et la raison ». Selon elle « Le 21ème siècle sera conscient ou ne sera pas. » et elle s’interroge sur « Une quadrature du cercle », « Une paix commune ? » sur un Dieu aussi invisible que « La Pensée »... Cet « Odyssée d’un Verbe /inlassable/ en nous /retrouvé » se déploie sur deux décennies de textes courts repris ici en volume indépendamment de toute chronologie. Invoquant nombre d’inspirateurs, à commencer par Rimbaud, Valéry, Cendrars... Mais aussi Aurore Dupin devenue George Sand. Mais aussi la trinité hindouiste, « Un Tao sans Taïaut » et « la compassion / du Bouddha ». Mais aussi dans une belgitude largement revendiquée, Magritte, Maeterlinck, Ensor, Tintin copain de Charlot et Julos Beaucarne. Dans un ardent besoin de communication qui finit par s’ouvrir en dialogues et en comédie.

Michèle Duclos, Temporel.

*

Ce recueil, publié une première fois sans les œuvres plastiques en 1994 au Non-Dit, apporte une fois de plus la preuve éclatante que Monique Thomassettie est peintre dans son écriture et écrivain dans sa peinture ; chez elle, poèmes et peintures s’unissent d’une même voix pour interroger les limites de la visibilité et nous faire découvrir que le monde dans sa forme donnée n’est pas le seul possible.
Ose mon encre
Couler en prières
Afin que de mon cœur déborde
Un lait d’étoiles
Au détour de chaque page, l’auteure nous montre qu’elle n’a rien oublié de l’amour, de ses danses et de ses chants d’oiseaux ; par ailleurs, elle pose le mystère comme étant le fondement de notre être et la clé de notre devenir. En effet, ici chaque poème semble être une lueur à vivre voire une main tendue vers son désir d’appréhender la source du monde en son visage brouillé.
D’une manière générale, ce recueil vient nous rappeler que la poésie de Monique Thomassettie n’a ni lieux ni frontières et n’a de cesse de parcourir l’infini à heures fixes afin d’une part, de traquer ce que la vie dissimule et d’autre part, de remettre la beauté et l’amour au goût du jour…
Hauts plateaux
Vaste miroir
Pays d’absence où le livre bourgeonne
Le livre fleurit dans la montagne
En grappes ruisselantes
Voici le point de fuite
Où se niche l’oiseau

©Pierre Schroven, Traversées
https://traversees.wordpress.com/tag/monique-thomassettie/



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