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Psychologue de formation.
Monique Bernier
 a travaillé comme thérapeute d’enfants avant de partir à l’étranger, notamment au Rwanda, où elle était en avril 1994 quand a commencé le génocide des Tutsis.
La chambre du premier est son septième livre et le deuxième aux éditions M.E.O. après Les hibiscus sont toujours en fleurs.



Monique  Bernier

La chambre du premier


LA CHAMBRE DU PREMIER

Roman, 2021

192 pages
ISBN 978-2-8070-0302-6 (livre) –  978-2-8070-0303-3 (PDF) –  978-2-8070-0304-0 (ePub)
17,00 EUR


Après la mort de son père, Sylvie a été élevée par sa grand-mère paternelle, qui l’a détachée de sa mère et de son frère aîné. Elle s’est mariée très jeune sur un coup de tête et a émigré en Australie. Une union malheureuse, presque une séquestration. Ses deux enfants à présent adulte, elle trouve le courage de fuir pour se réfugier auprès de sa mamy. Hélas, la vieille dame vient de mourir. En fouillant la maison et particulièrement la chambre du premier où vivait sa grand-mère, elle prend conscience d’une autre réalité concernant son enfance et découvre des secrets de famille soigneusement enfouis.





e-book
10,99 EUR



EXTRAIT

Petite fille, elle aimait faire enrager sa mère. Elle l’avait entendu dire : « Cette gamine me rendra folle ! » et se demandait s’il était possible de relever le défi. Elle imaginait le corps de sa mère secoué de tremblements, gesticulant de façon chaotique, lançant en l’air bras et jambes dans un désordre cocasse. Elle serait emmenée par de gros infirmiers musclés qui lieraient ses mains derrière le dos ou l’enrouleraient dans une couverture blanche lui écrasant les bras sur le devant. Cela s’appelle une camisole de force, lui avait dit mamy. Ou alors, ils choisiraient de lui faire une piqûre calmante en visant de loin avec une grosse aiguille comme cela se passe pour les éléphants quand ils ne se laissent pas approcher. Il lui arrivait de l’observer en se disant qu’un jour des infirmiers viendraient ôter de sa vue cette sorcière énervante et elle en retirait un plaisir secret. Elle avait raconté la scène à sa grand-mère, la seule personne valant réellement la peine. Elle savait que cette situation l’amuserait.




CE QU'ILS EN ONT DIT

*

De retour d’Australie, Sylvie revient auprès des siens. Trop tard pour embrasser sa grand-mère qui vient de mourir. Avec Thomas, son frère qu’elle n’a plus vu depuis longtemps, les regards sont froids et manquent de chaleur. Puis, le notaire chargé de la succession leur apprend que l’héritage sera divisé en trois parts. Une tierce personne a été couchée sur le testament. Un inconnu dont ils ignorent tout et qui semble pourtant avoir dressé des liens profonds avec la défunte. Débute pour Sylvie une enquête sur celle qu’elle aimait affectueusement et qui semble avoir vécu des zones d’ombre, dont elle souhaiterait dénouer les secrets. En creusant dans le passé, elle ne sait pas encore qu’elle ouvre une boîte de Pandore avec son cortège de surprises (bonnes et mauvaises), ses non-¬dits et une série de mensonges qui ont altéré les rapports.
Monique Bernier signe un roman tout en finesse, qui prend le temps de se développer et qui traite de l’incommunicabilité, d’une existence faussée par la perception des siens et de la quête d’identité.
Amélie Collard, Bruxelles-Culture.

*

Un roman très plaisant écrit par Monique Bernier, psychologue de formation. « La chambre du premier » est le 7e livre de l’auteure.
D'elle, j’ai lu « Les hibiscus sont toujours en fleurs », un roman sur le génocide des Tutsis.
« La chambre du premier » est un roman très différent. Il dénoue petit à petit des secrets de famille.
Sylvie a vécu pendant 27 ans sous l’emprise de son mari qui l’a enlevée à sa famille pour l’emmener en Australie où elle a eu deux enfants. Elle était jeune, elle voulait fuir sa famille, elle était heureuse et a suivi cet homme les yeux fermés.
Après quelques années, elle a déchanté. Elle n’a plus vécu que par son mari qui lui dictait sa conduite et n’hésitait pas à l’humilier en public. Même ses enfants lui ont échappé.
27 ans plus tard, elle a enfin le courage de les quitter et de revenir en Belgique. L’y attend une grand-mère aimée. Oui, mais voilà, elle arrive trop tard, sa mamy a été enterrée un peu plus tôt.
C’est alors avec son frère qu’elle va faire connaissance. Ils n’ont quasiment jamais vécu ensemble. Leur grand-mère avait accaparé la petite fille et n’avait aucune relation avec le garçon. Sylvie n’a donné aucune nouvelle pendant toutes ses années passées loin des siens.
En fouillant dans le passé de sa grand-mère, elle va mettre au jour des secrets bien gardés qui vont expliquer bien des choses. Elle va aussi se rendre compte qu’elle a vécu sous l’emprise de sa mamy avant d’être dominée par son mari. L’histoire se répète souvent !
Mais qui était vraiment Adèle et qui est cet homme enfermé dans un hôpital psychiatrique à qui elle a légué une partie de ses biens ?
Sylvie va avancer à l’aveugle, naviguant entre les non-dits et les mensonges…
Un voyage dans le temps depuis la naissance de Sylvie jusqu’à la mort de sa grand-mère qui bouleversera son existence ainsi que celle de son frère Thomas et de leur mère que Sylvie a très peu connus…

Philippe Dester, cdubelge.eklablog.com
mélie Collard, Bruxelles-Culture.

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Dénouer le passé pour tisser des liens
Un coup de cœur du Carnet
Voilà vingt-sept ans que Sylvie est partie vivre en Australie avec son mari. Vingt-sept ans sans donner de nouvelles à sa famille ni en prendre. Vingt-sept années d’absence, de silence, de solitude, à attendre que ses enfants soient indépendants, pour se dégager de l’emprise de cet homme bien loin de celui qu’elle pensait épouser. Vingt-sept ans après avoir laissé sa famille derrière elle pour lui, elle les laisse, lui et leurs enfants, pour la retrouver. Enfin, « famille » est un bien grand mot : aucun lien avec sa mère, depuis toujours ; pas d’affinités avec son frère aîné ; seule sa grand-mère compte, elle qui l’a élevée après la mort de son père dont elle n’a pour souvenir qu’une image figée sur une photographie.
Mais Mamy n’a pas pu attendre vingt-sept ans. Presque… Il s’en est fallu d’une poignée de semaines. Et la chaleur des retrouvailles espérées avec sa grand-mère laisse place à la froideur de celles inattendues avec son frère. C’est lui qui lui apprend la triste nouvelle, sans ménagement, et puisqu’elle est de retour, elle l’accompagnera chez le notaire. C’est donc ensemble qu’ils découvrent qu’ils partagent l’héritage avec un inconnu, et ensemble qu’ils se mettent à la recherche de leur histoire familiale. Entre confrontations de leurs souvenirs et découvertes de secrets bien gardés, frère et sœur font enfin connaissance, remettent en question leurs certitudes et remontent le fil d’un passé dissimulé.
La chambre du premier rappelle les sagas de l’été de la grande époque de ce genre télévisuel : retour après une longue absence, retrouvailles teintées de ressentiments, découverte de secrets de famille, quête de vérité et de racines et tissage de liens familiaux autour de l’exploration du passé. Le suspense est lui aussi au rendez-vous, la surprise également. Et l’avantage du roman sur le feuilleton des années 1990, c’est qu’on n’a pas à attendre la semaine suivante pour connaître la suite.
Car Monique Bernier sait attirer et maintenir l’attention de ses lecteurs. Dès la première page et jusqu’à la dernière. L’histoire est fluide, ne souffre aucune longueur, pas le moindre atermoiement. Rien n’est expédié pour autant, le dosage est précis. On glisse d’un chapitre à l’autre, en pardonnant les rares et inoffensifs accros tant on est captivé.e par la rencontre avec ces personnages. Principaux ou secondaires, complexes, réalistes, profondément humains. Est-ce parce que l’autrice est aussi psychologue que ses personnages sont campés si élégamment, tout en nuances ? En tout cas, c’est avec bienveillance et compréhension qu’elle raconte leur histoire.

Estelle Piraux, Le Carnet et les Instants.







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