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Aurélien Dony

Homme de théâtre, poète et musicien, Aurélien Dony a publié cinq recueils de poèmes, dont Puisque l’aube est défaite (M.E.O.), prix Georges Lockem de l’Académie royale de Langue et Littérature françaises de Belgique, ainsi qu’un roman à quatre mains avec Claude Raucy, Le temps des noyaux (M.E.O.).
Il a représenté la Belgique francophone au Festival international de la poésie de Trois-Rivières et au Printemps poétique transfrontalier.
Fondateur de la Compagnie du Réverbère, il a écrit, mis en scène et interprété plusieurs pièces de théâtre.
Il est enfin chanteur et parolier du groupe musical Géminides.


Aurélien Dony

Le cœur en Lesse
Photo de couverture :
© Jean-Pol Sedran

Le cœur en Lesse

Nouvelles 2019

100 pages
ISBN 978-2-8070-0198-5 (livre)
978-2-8070-0199-2 (PDF)
978-2-8070-0200-5 (ePub)
14,00 EUR (livre) – 8,49 EUR (livre numérique)

Dinant et ses Copères, sa Collégiale et sa Citadelle – avec majuscules, s’il vous plaît –, son Rocher Bayard, ses bateaux-mouches et sa Croisette en bord de Meuse, son wallon savoureux, le jazz et Adolphe Sax… Et puis les alentours, Anseremme, son pont Saint-Jean, sa Lesse et ses kayaks, Bouvignes et ses ruines de Crèvecœur…
« J’ai rendu, comme je le pouvais, un hommage aux arbres, aux oiseaux, aux amis qui m’ont donné à voir le monde dans la robe d’un paysage ourlé de perles d’eau, brodé de racines épaisses. Anseremme d’un côté, et c’est l’enfance ; Dinant de l’autre, et c’est l’adolescence. Entre ces deux pôles, une infinité d’aventures banales qui ont façonné le cœur que je porte en dedans. Un cœur soulevé par les crues de la Meuse, creusé par les méandres de la Lesse. ».


EXTRAIT

– Papa, c’est quand qu’on achète un bateau ?
Elle me disait cela en levant vers moi ses grands yeux bleus. Elle souriait. Sans doute qu’elle était déjà capitaine, qu’elle voguait sur les eaux calmes de la Meuse, qu’elle poussait son navire jusqu’à Liège, peut-être plus avant. Maastricht ? Sa main dans la mienne, nous suivions le chemin de halage. Nous nous promenions souvent, elle et moi. D’abord pour donner à manger à Picasso, Picassiette et Coulapic, nos canards à nous, et puis, plus tard, pour rêver au bord de l’eau une enfance en partance.
C’était l’automne. Ça sentait bon les feuilles mortes et la mélancolie. J’ai des souvenirs en carte postale plein les tiroirs de ma mémoire. Tout encombrés de nous, encore.
– Quand nous aurons fait nos preuves sur une coquille de noix, lui disais-je.
– Mais papa, c’est trop petit, une coquille de noix ! On n’aura pas de place ! Et où c’est qu’on va mettre tes pieds de géant ? Hein ? T’y as pensé, papa, à tes pieds de géant dans notre coquille de noix ?
Et Léa s’arrêtait, fixait mes chaussures. J’étais d’accord : impossible, même dans une coque de noix de coco.
Nous étions seuls sur le chemin. Les oies sauvages portaient très haut leurs cris de déjà loin. Ici, le temps se compte autrement qu’en secondes.



CE QU'ILS EN ONT DIT

Aurélien Dony, jeune poète et homme de théâtre d’Anseremme, sort un brillant recueil de nouvelles. Son titre ? « Le Cœur en Lesse ».

Écrire ses souvenirs à 26 ans, cela pourrait paraître prétentieux ou, pire, l’expression d’une certaine nostalgie sirupeuse. Et c’est tout le contraire. À l’image de la Lesse, les nouvelles qu’Aurélien Dony dédie à sa région natale sont vives, fraîches. Pour certaines, limpides comme l’eau et pour d’autres, tortueuses comme un torrent. Elles voguent entre humour et tendresse, fable et satire, passé et présent. Les souvenirs s’écoulent et le lecteur, ferré, ne peut détacher son regard de ces pages noircies avec un style traduisant une grande poésie.
Le choix de la nouvelle, genre inédit pour Aurélien Dony, n’est pas innocent. « La nouvelle permet beaucoup de choses. Ce recueil se compose de petits tableaux, en fait ». Et ce grand amateur de Brel de poursuivre, tout en se gardant de toute comparaison audacieuse : « Autant les chansons de Brel transpirent de Belgique, autant ces nouvelles-là transpirent de Dinant, mais avec plein d’autres petites choses, des choses qui sortent un peu de l’aspect purement local et dans lesquelles chacun peut se reconnaître ».
Et le lecteur s’y reconnaîtra. Les énumérations de lieux se succèdent : la collégiale de Dinant, la croisette, le Rocher Bayard, le pont Saint-Jean d’Anseremme, Freyr, les ruines de Crèvecœur… Autant d’endroits qui ne sont jamais évoqués par le prisme des lieux communs touristiques, mais auxquels Aurélien Dony rend hommage en les sortant de leur torpeur quotidienne pour en faire les écrins de ses souvenirs.
Des histoires qui parlent d’amitié, de transmission familiale, du temps perdu, des beautés d’une nature préservée. L’auteur y apportant tantôt une touche humoristique lorsqu’il fait parler, dans un monologue, la statue en dinanderie de Charles de Gaulle. Tantôt un peu sarcastique lorsqu’il prend les traits d’un laïc qui pénètre dans la collégiale. Ou encore affectueuse à travers cette leçon improvisée de wallon donnée par sa grand-mère.
L’écriture est fleurie, très imagée. Telles des notes, les mots composent une musique douce qui transporte le lecteur dans cette région dinantaise à la fois personnelle et pourtant, de par les situations dépeintes, tellement universelle.

Ronald Pirlot, L’Avenir


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Murmures, couleurs, lieux communs ou qui le sont moins. Aurélien Dony, poète, comédien et musicien, nous invite à une balade à travers Dinant, cité flanquée en bord de Lesse et réputée pour son fameux Rocher, sa citadelle, le pont Saint-Jean et la légende des quatre fils Aymon chevauchant le cheval Bayard. On sait peut-être beaucoup moins qu'Adolphe Sax y a mis au point son célèbre instrument : le saxophone. Ce recueil se gave d'impressions et de souvenirs puisés dans le terreau local. On y découvre également plusieurs visages qui jaillissent du passé familial de l'auteur. Jacques Brel avait lancé en interview : « On passe sa vie à compenser son enfance ». Celle de l'auteur a été heureuse, choyée par l'amour des proches, entre la Collégiale, les bateaux-mouches, un patois savoureux, le jazz et une nature sauvage. Un cadre qui l'a aidé à grandir et à s'épanouir sans heurts. Sans autre prétention que celle de transmettre des instants précieux, l'écrivain refuse de s'établir comme donneur de leçons, même si cet ouvrage se veut le foyer d'un feu qui le maintient debout, prêt à chauffer l'autre dans la mesure de ses moyens, avec respect et sensibilité. Une madeleine de Proust pour qui a vécu il y a trente, quarante ans ou davantage et qui a connu cette belle région.

Paul Huet, Bruxelles-Culture



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Mon pays bien aimé

J’ai lu bien des auteurs qui racontent avec un réel amour, une certaine affection et même une pointe de chauvinisme, leur pays natal, la terre qui colle sous leurs semelles, les premières sensations qu’ils ont éprouvées, mais je crois que c’est la première fois que je lis les mots d’un auteur aussi jeune communiant en une telle symbiose avec ses origines. Aurélien semble bien jeune pour ressentir une telle nostalgie en retrouvant son pays après l’avoir quitté pour suivre quelques études, mais, en rentrant chez lui, il redécouvre son enfance et son adolescence et tous les petits et grands bonheurs qu’elles comportaient mais aussi des souvenirs moins heureux. « Anseremme d’un côté, et c’est l’enfance ; Dinant de l’autre, et c’est l‘adolescence. Entre ces eux pôles, une infinité d’aventures banales qui ont façonné le cœur que je porte en dedans. »
Ainsi, il raconte, en une vingtaine de courtes nouvelles, ses souvenirs d’enfance et d’adolescence mais aussi le pays qu’il affectionne tant. La nature où il aimait se balader avec sa famille ou ses potes, ses « copères » comme on dit par là-bas, les rives et les flots de la Lesse à Anseremme, ceux de la Meuse à Dinant où un de ses personnages, son père ou son grand-père peut-être, faisait naviguer des bateaux pour les touristes. Il décrit aussi avec enthousiasme Dinant avec sa Citadelle (avec une majuscule réclame-t-il), sa collégiale, ses maisons alignées, sa croisette. Il fait vivre ou revivre ceux qui habitent cette ville, sa famille, ses copains d’enfance et tous les personnages qui donnent un caractère si particulier à la ville mais aussi à la bourgade d’Anseremme. Il ne faut surtout pas oublier les légendes notamment celle des quatre frères Aymon dont le cheval Bayard a façonné le rocher qui donne un cachet si pittoresque à Dinant. Sans ses légendes, la région serait banale, avec elle a un esprit, une âme, une histoire, elle s’inscrit dans le temps, le temps qui fait la nostalgie.
Cette poignée de nouvelles donnent envie de partir le plus vite possible à la découverte de cette région que les guides touristiques ne référencent pas souvent mais qui, sous la plume d’Aurélien, devient brusquement attractive, pleine de charme, magique. On a envie de chevaucher le cheval Bayard et de bondir sur les routes à la découverte de cette région qui semble enchanteresse sous la plume de l’auteur. Je savais qu’Aurélien avais du talent, j’ai déjà et lu et commenté des poèmes qu’il a publiés ailleurs, mais dans ce recueil, j’ai découvert qu’en plus de son talent littéraire, il a une énorme sensibilité et une affection débordante pour son pays natal. Son texte est plein d’amour, de sensibilité et de poésie, il dégage une empathie qui invite à suivre l’auteur dans ses lignes et sur les chemins de son enfance et de son adolescence. Surtout, s’il se fond dans le personnage de Tom. « Tom appartenait à la catégorie de jeunes hommes bercés par quelque conte d’enfance où les chevaliers terrassent les monstres, où le sorciers plient la fortune à leur nécessité, où la vertu est affaire de lance et de bouclier. »
Dinant, c’est peut-être le bout du mont comme le dit le père dans une nouvelle, « On est loin de tout. Pas un théâtre d’envergure, aucune maison de la poésie, pas d’offre culturelle – ou si peu ! ». Mais, à Dinant, il a une Citadelle, il a des légendes et peut-être aussi une certaine magie qui insuffle l’inspiration aux poètes, aux dramaturges et à toux ceux qui aiment écrire.

Denis Billamboz, critiqueslibres.com et blog mesimpressionsdelecture.


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Fresque de vies dinantaises

Dans son recueil de nouvelles intitulé Le cœur en Lesse, Aurélien Dony nous promène dans Dinant et ses environs. « Fille de la Meuse », Dinant emporte dans ses flots les rêves et les souvenirs des hommes qui ont croisé son chemin.
À Anseremme, sur le pont Saint-Jean, Léo enlace son frère disparu depuis plusieurs années. Sous ses pieds, la Lesse se jette également dans les bras de la Meuse qui, renforcée par ce courant ardennais, s’en va lécher l’île de Moniat où Justine et Mathieu savourent leur amour d’adolescents. Près du viaduc Charlemagne, elle rencontrera Camille, 26 ans, perchée au bord d’une balustrade qui fait face au vide d’une vie trop lisse. Elle passera ensuite sous l’ancien pont ferroviaire où Émile Landermont se perd dans les souvenirs de sa vie de contrôleur. Elle continuera enfin sa route vers Dinant.
Dinant… ses falaises escarpées, sa vallée et sa Citadelle centenaire fortifiée ! C’est du haut des remparts de cette dernière qu’un artiste s’inspire de la ville avec son fils. En contrebas, il peut voir la Collégiale Notre-Dame d’où sort Michel, venu prier pour sa mère mourante. Non loin de là, dans la rue Adolphe Sax, Luc partage un banc avec son vieil ami saxophoniste. Sur la nouvelle Croisette, Albert et Maria mangent une couque de Dinant tel un couple marié depuis trop longtemps. Plus au nord, sur les ruines du château de Crèvecoeur, Loic et Fred se disputent, quant à eux, le cœur d’une fille. Pendant ce temps, sur la Meuse se trouve un pécheur pour qui le temps semble suspendu…
Touche par touche, au travers des aventures d’hommes aux destins banals mais uniques, Aurélien Dony nous peint une touchante fresque dinantaise en hommage à ses souvenirs d’enfance et d’adolescence. Les couleurs de sa palette sont douces, variées et harmonieuses. Les coups de pinceaux sont nuancés et maitrisés. On reconnait derrière cet ouvrage la patte du poète et lauréat du prix Georges Lockem de l’Académie royale de Langue et Littérature françaises de Belgique.
« J’ai rendu, comme je le pouvais, un hommage aux arbres, aux oiseaux, aux amis qui m’ont donné à voir le monde dans la robe d’un paysage ourlé de perles d’eau, bordés de racines épaisses. »
Avoir arrêté le temps pour pouvoir observer, écouter, ressentir des bribes de vie, telle est la sensation qu’inspire la lecture de ce livre. Notre seul regret est finalement d’avoir dû reprendre trop rapidement le cours de nos propres vies une fois tournée la dernière page du livre.

Mélissa Rigot, Le Carnet et les Instants


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Ce surdoué précoce des lettres belges (à vingt-six ans, sept livres) est tout à la fois poète et prosateur. Remarqué par plusieurs recueils (primé par l’Académie pour le deuxième), il s’était déjà essayé avec succès à la prose (en complicité avec Claude Raucy pour un roman) et le voici avec de bonnes nouvelles toutes centrées sur sa ville, Dinant, la Lesse, les bords de Meuse.
La ville de Sax, les anonymes, les passants, les proches, les amis traversent cette plume inspirée par l’histoire simple de gens que « le cœur » croise en Lesse, et que la laisse de l’écriture accompagne. Avec bonheur, amitié et talent.
Certains de ces destins nous émeuvent, et comment oublier ce couple de vieilles gens ou ces amoureux du château ? Dony donne voix et voie à des statues. Il portraiture des marins de fleuve et l’ordinaire de la vie provinciale. Parfois, l’amitié trahie est un vrai « Crèvecoeur »
L’art de Dony ressemble à une dentelle lentement cousue, de poésie et de réalité : parfois le monde, vu de la jeunesse, ressemble à une route ouverte où tout peut se produire, dans l’aire des enchantements.
Enchantement de l’écriture, celle d’un vrai narrateur poète, qui épingle çà et là les vraies richesses de sa cité et sa trépidance : « Je sens dans ma poitrine un cœur battre. Un cœur tout neuf. Et le sang dans les veines qui coule un peu plus vite. Tout s’accélère. Tout tourne autour de moi. »
Un petit livre, plein d’attentions, de charmes. Nous en espérons d’autres de cette qualité.

Philippe Leuxkx, Nos lettres.



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Outre le souvenir d’enfance, par exemple, il est possible de faire vivre l’idée humaine dans les ressources d’un paysage, avec aussi un esprit d’intégration : « J’ai besoin d’espace, de ciel à travers les branches, de vent sur ma peau. J’ai besoin d’appartenir à l’écorce des bouleaux, aux plumes des tourterelles, au cours d’eau. Je veux m’enraciner, devenir ce tout dont je suis ».
C’est qu’Aurélien maîtrise l’ambiance, scénarise tout ce qu’il touche. Touchante aventure à faire jaillir, parfois, le souvenir dans le vieux rêve d’autrui apportant une certaine consolation :
« Il n’y a plus rien, Simone… L’ombre du vieux couple, dans la lumière d’or d’une fin de jour d’été, se fond dans le décor. Simonne serre un peu plus la main d’Émile entre ses doigts.
Si, mon amour, regarde. Il y a encore des papillons ».
D’une collégiale un peu vue autrement, dépouillée du tourisme béat, jusqu’au lieu-dit « La Croisette » en passant par l’évocation d’une adolescence à taquiner la truite, le monde se restructure autour d’une ambiance que l’auteur initie à autrui, démarche progressive suivant le cours de la Meuse ou de la Lesse.
On pourrait dire « tourisme de proximité », si ce n’est que le souci du détail qui touche à l’humain est rappelé in situ, telle l’évocation de gros travaux sur les rives dinantaises : « Désiré a perdu un kilo pour chaque arbre abattu, a compté une ride de plus à chaque saignée de berge, a vu trembler ses mains à la fermeture du France où il buvait matin son café tiède ».
Quelques nouvelles, comme « Dinanderie », suggèrent davantage qu’elles ne disent. On peut y mettre son propre monde à moins d’aller voir sur place la statue qui se trouve à l’angle d’un pont. La force tellurique du paysage transcende l’émotion jusqu’au partage amoureux suggéré dans la force d’un lion avec pour décor le rocher du même nom.
Le décor nourrit les protagonistes dans leurs propres élans psychologiques. L’auteur, bien souvent, met en scène son sujet à travers l’instant historico-géographique, telle cette évocation indirecte de Sax ou encore le rocher Bayard étrangement mis en scène, Aurélien ne dédaignant pas la touche fantastique ou l’instant de philosophie à travers un acte de Meuse assez courant, la pêche : « Ce vieil homme avait passé le temps des courses, le temps des femmes au corps languissant, le temps des drogues et des soirées d’ivresse. Il ne courait plus. Peut-être avait-il passé sa vie à courir après on ne sait quoi d’important, après un boulot, des enfants, une femme, des obligations, des enterrements ou des naissances, des amis dans le besoin… et quoi d’autre encore. Et aujourd’hui, sous le soleil de mai, il pêchait sur la Meuse, les yeux enfoncés dans leur orbite, englobés dans la graisse du visage. Tom emportait avec lui l’image du temps qui ne passe plus ».
Nous sommes en Wallonie et l’auteur fait une belle description de la langue wallonne : « J’ai toujours aimé le wallon. C’est une langue chantante. Elle chante comme chanterait un escargot sous la pluie. Ça craque, ça crisse, ça claque, ça glisse. Ça sent la terre et les foins, les rivières, les forêts, les pierres, les champs… ça parle de cœur à cœur ».
« Todi Soçon » (toujours amis) ? Certes !
Ajoutons encore que l’humanité (cf. le texte « le viaduc Charlemagne ») ou l’humour ne sont pas absents de ces agréables nouvelles au ton un peu conteur rythmé par le cours de la Lesse et de la Meuse, deux cours d’eau qui ont inscrit la Wallonie dans son relief.

Patrick Devaux, Reflets Wallonie-Bruxelles








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