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Écrivain et artiste plasticien belge,
Monique Thomassettie
est l'auteur de plus de quarante ouvrages (poésie, contes et nouvelles, roman, théâtre), dans lesquels elle « vivifie mythes et symboles en les variant, en les mouvementant ».

Certaines de ses œuvres ont été traduites en bosniaque, croate et anglais.

"Monique Thomassettie nous donne une vision du monde qui dépasse et transfigure le réel, mais par là-même, elle nous invite à jeter un regard 'différent' sur ce monde et ainsi à enrichir et nuancer notre perception du réel."
"Filtrés par le regard de la poète, légendes et mythes se métamorphosent dans des évocations – souvent elliptiques – qui les placent dans une perspective neuve."
"(Ses) images traduisent ses rapports avec le monde dans une langue qui subtilement instille le merveilleux et l'onirique dans ce qui peut être faussement familier. Une langue, donc, non préconçue, parfois déroutante, faite de glissements de sens et de registres."
Renée Linkhorn, in : ANTEMNAE, Rome, octobre 2002


Monique Thomassettie


Mes intimismes
Tableau de couverture :
© Monique Thomassettie
"Mon atelier"


Mes intimismes


Mélange ouvert à deux battants



Dans ce genre très particulier qu’est le « mélange », pensées, souvenirs, fragments, dialoguent avec des œuvres plastiques de l’auteur et des œuvres d’enfance, voire de prime enfance de sa fille.
« Mes fenêtres sont souvent intimistes », dit-elle en guise de sous-titre à son œuvre. des fenêtres qu’elle ouvre pour nous..


112 pages
28 reproductions en couleurs (27 huiles et une gouache)
3 reproductions de dessins en noir et blanc
ISBN: 978-2-930702-60-5
2014 – 20,00 EUR




Extrait


Un manuscrit de mai 1965


« Mes jours de vide, je me balade en bas : au ras des larges rues solitaires et grises ; sur les trottoirs aux pavés qui dansent ; dans les ruelles luisantes de pluie… J’avance, et je marche jusqu’à l’ivresse. Puis je rentre chez moi, l’esprit engourdi, lourde de toute la fatigue de la rue, l’âme disloquée.
Aujourd’hui, fin d’après-midi d’une journée printanière, je me promène plus haut : sur les toits roses, les toits mauves, les toits gris, les toits bruns. Les toits figés dans une brume acoustique, qui soulèvent imperceptiblement leurs deux battants et respirent en mesure…
Mon âme est bienheureuse comme une tuile parmi les autres tuiles…
Le ciel sans fond est strié de longues traînées infinies, comme le marbre de veines frigides. La lune hésite : un caillou lumineux au fond d’un lac bleu pâle… »


Mes intimismes- quatrième couv
Atelier de l'artiste (quatrième de couverture)


Ce qu'ils en ont dit

Chez Thomassettie, vie et écriture ne font qu’un. En tout cas, imagination et existence fusionnent puisque la peinture s’ajoute aux mots. Dans ce livre, elle entrelace en effet ces deux pratiques artistiques et son ressenti quotidien. Elle, qui apparaît comme à la « recherche du savoir créateur», qui se définit comme une « condamnée à l’introspection », comme « un oiseau condamné à la solitude » et se trouvant « en état de méditation permanente », y mêle ses « vécus différents, d’amour, de créativité, de la même manière douloureuse qu’ils s’interpénètrent dans [sa]  vie ».
Les textes ici rassemblés le sont sous le signe de la fenêtre, donc de l’ouverture vers le monde soit qu’on le regarde à l’abri dans un immeuble, soit qu’on l’imagine calfeutré derrière les rideaux d’une pièce habitée. Car, parfois, « l’extérieur devenu intérieur » est alors « carrefour méditatif ».
Un des intérêts de ces proses brèves est la mise en mots du travail pictural. Un amateur d’art a rarement l’occasion d’entendre un artiste lui expliquer que, dans tel ou tel tableau, une partie est une réalité reproduite ou transposée et une autre est un pur ajout de l’imaginaire. C’est d’autant plus particulier que les œuvres choisies, figuratives, ont, notamment par leur technique de luminosité irradiée, des accointances avec le symbolisme et, par exemple, Odilon Redon.
Attentive aux lumières et aux sons, Thomassettie aligne ses « miroirs biographiques ». Elle y adjoint la filiation. En effet, son livre se termine par un florilège de réalisations de sa fille Véronique. Et si présents que soient ses tourments intérieurs, elle nous laisse avec une vision optimiste pour nous et rayonnée d’une certitude espérée pour elle :
"Funambule sur un rayon de lumière,
j’irai.
Corde raide.
Les ailes me reviendraient dans la chute." 

Michel Voiturier, « Reflets Wallonie-Bruxelles »

 
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Microcosme
Auteure d'une quarantaine de livres, Monique Thomassettie nous donne à lire deux livres pour la rentrée 2014 : Mes intimismes et Entre-Musiques. Le premier est un mélange de textes rassemblés selon le principe de recherche par mot clé sur son clavier d'ordinateur. À l'heure où l'écriture tapuscrite et manuscrite s'opposent, elle les rassemble par fragments tout en explorant sur la toile les vertus virtuelles pour réaliser son œuvre. Dans ce livre, textes d'hier et d'aujourd'hui sont reliés par le mot « Fenêtre ». Des fenêtres sur sa vie de femme, de mère, d'artiste. Observatrice attentive du monde qui l'entoure, elle partage ses visions, son théâtre, son imaginaire et ses rêves. Des peintures du passé sont reproduites, plusieurs déclinaisons du même thème. Car aucune dissociation n'est possible entre ses deux pratiques, l'auteure expliquant : « Ma peinture et mon écriture sont une : c'est moi ! Je suis peintre dans mon écriture. Je suis écrivain dans ma peinture ».
Entre-Musiques est un recueil de poésie et de musique mélangées, composé de partitrions musicales cosmiques. Le poète tâtonne en conscience la notion du temps, la musique comme lien entre « le Monde et l'Espace ». En quête de la clé d'un passage entre le ciel étoilé et « les fleurs piétinées / d'ici-bas », le silence règne. Il y a des bruissements, des lueurs aussi. De la nuit, elle dit qu'elle « engendre le Jour ». Du Jour, qu'il « révèle bien des misères » et « remue le fer / dans la cicatrice / qui en redevient / plaie ». L'univers de Thomassettie est une spirale où battements et interférences traduisent sa sensibilité à fleur de peau. Doutes et questions sont constants, animés par l'intuition de relier l'intérieur d'elle-même au macrocosme : « Ne fermez ni portes ni volets au mystère / Ne cherchez ni plan ni planification / ni projet conscient », mais, « Une ouverture guide ».

Mélanie Godin, Le Carnet et les Instants

 
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J'espère que lorsque je traite la chère Monique Thomassettie de sage, elle comprend qu'il s'agit d'un compliment et que je ne la prends ni pour Bouddha ni pour Gandhi, mais que je la félicite de se construire aussi complètement. Je comprends même qu'elle utilise toutes les potentialités de son ordinateur pour nourrir les traces (on dit "blog" maintenant) pour traduire en visuel ce qu'elle ressent du fait qu'elle est peintre, poète, moraliste et bien d'autres choses. Quand elle signe Mes intimismes, c'est en effet, comme elle dit en sous-titre, un "mélange ouvert à deux battants" de tout ce qu'elle pose sur son écran. En fait c'est ainsi qu'elle se construit, quittant le pinceau pour la plume et le clavier. Et s'exprimant comme les pensées lui viennent. J'ai bien remarqué depuis le long temps que je la connais que le moindre de ses gestes, de ses mots, de ses coups de pinceau et même et surtout de ses silences signifiaient une touche du portrait d'elle que l'on voit en simple lecteur ou spectateur. On dirait presque ici comme parfois dans d'autres livres une part de ses futures œuvres complètes, tant manifestement elle écrit sans cesse et dans des domaines et des formes nombreuses, dont la diversité ne gêne aucunement. En effet ce "mélange" ne perd à aucun moment la ligne de sagesse qui caractérise son oeuvre foisonnante. Je ne calcule pas souvent les bibliographies, mais j'ai fait exception : plus de cinquante livres dans tous les genres. Mais de titre en titre la même sagesse, sans la moindre monotonie et avec une vie de plein exercice.
(…)

Le nom de Monique Thomassettie est pour moi une référence pour mes lectures très antiques et les quasiment psychanalytiques. Jamais cependant je ne découvre chez elle quelque imitation ou influence, ce qui est, on en conviendra, infiniment rare dans les deux siècles que nous vivons. Les plagiats, les arnaques, les effets de mode sont tellement fréquents et souvent même hypocrites, sinon criminels, que la pureté et la permanence des idées dans une oeuvre nous invitent à la suivre avec l'attention qu'elle mérite.

Paul Van Melle, Inédit nouveau.


 
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Interview par Marilena Di Stasi sur les ondes de Radio Alma – brussellando (01/04/2014)‡




 
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Voici quelques mois, l’épouse de l’auteur/éditeur Gérard Adam m’avait offert un package regroupant trois de ses ouvrages récemment parus en autoédition : Intuition (Monéveil), Mes intimismes et Entre-Musiques (M.E.O.).  Un ensemble qui m’avait décontenancé. Car il procède d’une démarche qui pourrait paraître très narcissique. Une volonté de ne rien perdre de ce qu’on a pu dire, faire, écrire, penser. Comme si tout cela était si important. De fait, Mes intimismes nous offrait des reproductions de portraits réalisés par la créatrice (peintre et poétesse) tout au long des années, avec des commentaires, alternant mise en situation, explications ou envolées lyriques ; puis des des créations de sa fille Véronique, dessins, texte, poupées… Intuition approfondissait cette sensation en collectant mille et un extraits du site personnel de MT, des allures de journal, des micro-essais, des textes inédits, des sensations et réflexions. Pourtant, passé un premier mouvement d’agacement, j’ai été traversé par deux flux nouveaux.
D’abord, l’agacement me paraissait mesquin en ce sens que j’épousais là une réaction commune, qui participe d’un déficit d’imagination : on reproche à un créateur X de se donner de l’importance, de nous offrir des clés de compréhension, des moments d’intimité… alors que l’on regrettera de ne pas avoir ces témoignages de la part d’un Shakespeare, d’un Molière, etc. Déficit d’imagination, car on peine à concevoir que le talent (ou parfois le génie) puisse passer à proximité. Telle personne va s’extasier devant la marginalité d’un Beethoven, d’un Rimbaud, d’un Baudelaire… qui ne supportera pas le laisser-aller (apparent) de sa fille comédienne, les humeurs de son fils plasticien, des choix atypiques de l’entourage.
Ensuite. Les préjugés laissés au porte-manteau, butinant au fil des pages, je découvrais une série de textes qui me parlaient. Ainsi, lors d’une visite d’école, Monique répondait à une élève l’interrogeant sur son rapport à l’écriture : "Quand j’écris, je suis ; quand je publie, j’existe". Beau ! Ou c’étaient des réflexions sur Zweig, sur d’autres, qui valaient le détour. Même si je ne partage pas toutes ses sensations (Adolphe est un livre de chevet ! Un des plus grands livres de la littérature française !)
Bref, je finissais par me dire : "Mais si ce qu’on lit, à divers moments, nous amuse, nous émeut, nous invite à réfléchir… alors… ces mélanges, a priori curieux, méritent donc d’exister, d’être lus…"
Comme si tout cela était si important. Mais qu’est-ce qui est important ou dérisoire ? Nous plaçons tous la barre des étiquettes à des hauteurs différentes et quelle vanité égocentrique que de se décréter soi-même comme frontière ! Est farfelu celui qui l’est un peu plus que nous, et idem pour la vanité, la violence, le courage, le… tout ! Moi-même, je m’étais posé ces questions du "Que dire ? Jusqu’où aller ?" en créant un site d’auteur, en assemblant des éléments biographiques… "pour faire comme tout le monde". Et, quoi qu’on fasse, ce sera toujours trop pour l’un et pas assez pour l’autre. Alors il faut ajuster et balayer toute pusillanimité. Etre un peu plus anglo-saxon, décomplexé ? La timidité et le silence sont-ils des indices d’orgueil démesuré, comme le disait mon professeur de français (adulé) en rhéto ? Ouvrir son intimité, c’est aussi partager, permettre à l’interlocuteur de mieux se situer à travers des informations passerelles du devenir ou du mieux-être.
Au final, il semble que MT (dont je lirai un jour prochain le recueil de poésies Entre-Musique) est une personne hyper-sensible et réactive, sans cesse en interaction avec tout ce qui l’entoure, la croise (textes, films, personnes, situations…), qui tente d’assembler les fragments de sens et de dévoilement du monde en résistant au ras-de-marée du temps et de la vie. C’est un tempérament d’artiste. Fragilité et force. Résistance et audace. Tout lui parle, la fait frémir. Son retour sur elle-même est une ouverture quasi totale sur le monde, l’Autre. Et on ne s’étonnera pas, l’appréhendant au-delà des faux-semblants du vulgaire, qu’elle sacrifie une grande partie de son temps à découvrir, soutenir, promouvoir… le talent des autres ! Notamment comme éditrice de poésie.

Philippe Remy-Wilkin,
http://philipperemywilkin.wordpress.com/le-blog-de-phil-rw/a-propos-des-lettres-belges-2/





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