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né en 1958 dans la région de Charleroi, où il réside toujours,
Carino Bucciarelli
a été ouvrier métallurgiste avant de devenir
enseignant de pratique en mécanique productique dans l’enseignement technique et professionnel. Il se consacre aujourd’hui totalement à l’écriture.
Il fait partie du conseil d’administration de l’Association des Écrivains belges de Langue française.
Son œuvre comprend des recueils de poèmes, des romans et des nouvelles.

Buciarelli

Mal Waldron


MON HÔTE S'APPELAIT MAL WALDRON

Roman, 2019
132 pages
ISBN : 978-2-8070-0182-4 (livre) –  978-2-8070-0183-1 (PDF) –  978-2-8070-0184-8 (ePub)
15,00 EUR

Hanté par le fantôme de Mal Waldron, pianiste de jazz américain mort à Bruxelles en 2002, ce roman prend pour point de départ un fait marquant dans la vie du musicien : un grave accident cérébral occasionné par une surdose d’héroïne. Il se réveillera de son coma avec une mémoire totalement blanche. Même son nom lui échappe, sans compter son jeu pianistique dont il a tout oublié.
L’auteur de ce livre ne voulait en rien écrire une biographie du jazzman. Le musicien s’est imposé comme un personnage de roman, rien d’autre. Comme dans ses livres précédents, Carino Bucciarelli, ici au départ d’un accident de vie, se livre aux errances, digressions et jeux de miroirs qui caractérisent ses écrits. Ses thèmes récurrents – le double, la dépersonnalisation – imprègnent totalement cette histoire, qui nourrit en outre une réflexion sur l’écriture et le rôle volontaire ou non de l’écrivain dans son propre texte.






Extrait


L’abord de la maison ne laisse aucune place à l’hésitation. Le sentier mène directement à la seule porte visible. Dans cette campagne où les logements se contournent sans embarras si ce n’est la crainte de la rencontre fortuite d’un chien, la disposition du lieu me rassure par l’impossibilité de commettre un impair. Je ne peux hésiter ; ma main se lève pour frapper le battant. Et tout vient de débuter.
Aucune voix ne m’invite à entrer. Je tourne doucement la poignée. La porte cède. Le bref espoir de trouver une maison fermée et mettre un terme à cette folie vient de s’éteindre.
Moi qui pensais pénétrer dans un lieu sombre, je suis surpris par l’étonnante clarté de l’endroit. L’autre attend, assis dans un fauteuil en osier, le maintien rigide, la main posée sur la tête d’un chien appuyé contre sa jambe.
– Malcolm ? dis-je en prononçant ce prénom de façon bien sonore.
L’homme ne répond rien, il sait d’ailleurs que je viens de l’appeler dans le seul but d’entendre ma propre voix résonner dans ce lieu inconnu.
Le chien a à peine soulevé une oreille et détourné la tête sans la moindre agressivité. En retirant sa main pour la reposer sur ses genoux, mon hôte regarde son animal comme pour s’assurer que sa réaction est bien celle escomptée. Mais un grognement ou un aboiement ne mettrait pas en péril la rencontre, je le sais. L’autre vient d’observer l’animal par simple réflexe, comme on jette un coup d’œil sur une horloge alors que l’on connaît l’heure.

L’histoire débute dans l’instabilité ; dès le départ, les dés sont jetés sur une table qui à la fois accepte et refuse le hasard. Il en va ainsi dans le monde des particules dont nous sommes constitués. Nul, ici, ne peut décider du devenir du livre en cours.

Sur le siège, il n’y a plus personne.




Ce qu'ils en ont dit

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