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Né en 1958 dans la région de Charleroi, où il réside toujours,
Carino Bucciarelli
a été ouvrier métallurgiste avant de devenir
enseignant de pratique en mécanique productique dans l’enseignement technique et professionnel. Il se consacre aujourd’hui totalement à l’écriture.
Il fait partie du conseil d’administration de l’Association des Écrivains belges de Langue française.
Son œuvre comprend des recueils de poèmes, des romans et des nouvelles.
Il a obtenu en 2020 le prix Lucien Malpertuis de l'Académie royale de Langue et Littérature françaises de Belgique
pour l'ensemble de son œuvre.

Buciarelli

Nous et les oiseaux


NOUS ET LES OISEAUX

Roman, 2021
156 pages
16,00 EUR
ISBN : 978-2-8070-0267-8 (livre) – 978-2-8070-0268-5 (PDF) – 978-2-8070-0269-2 (EPUB)


Par une nuit de neige et de grand froid, Stéphane (ou Pierre ?) Delatour heurte une pierre sur l’autoroute. Laissant dans l’habitacle sa femme et ses deux enfants, il va téléphoner à une borne, suivi par l’étrange regard d’une corneille. Au retour, la voiture a disparu. Et dans le commissariat où il fait sa déposition, l’inspecteur semble bien solitaire. C’est l’amorce d’un chassé-croisé de personnages qui se substituent les uns aux autres, mêlés à des oiseaux et à un anorak rouge dans la neige.
À sa manière inimitable, Carino Bucciarelli revisite le réalisme fantastique cher à nos contrées septentrionales.




e-book
9,99 EUR
À partir du 15 février




Extrait


Une tache noire dans les branchages nus des arbres attira mon attention. C’était une corneille. Elle me regardait. Du moins j’eus cette impression. Une corneille regarde-t-elle les hommes dans les yeux ? Tout en progressant, je lui jetai des coups d’œil furtifs. Elle semblait toujours, elle aussi, me suivre du regard. Au moment où elle allait sortir de mon champ de vision, elle prit son envol pour venir se poser sur un arbre situé plus en avant, comme si elle voulait volontairement rester visible à mes yeux. Bientôt, je ne pus plus douter, l’oiseau suivait bel et bien ma progression. Chaque fois que j’avais accompli une centaine de mètres, il changeait de position, se perchant au sommet d’un arbre différent pour m’observer ; son attention, c’était clair maintenant, bien dirigée vers moi. Comme tous les oiseaux, il tournait la tête brutalement de côté pour mieux me surveiller, tour à tour de son œil droit, ensuite du gauche, puis l’immobilisait de nouveau bien face à moi, le bec pointé dans ma direction. J’avais déjà entendu parler de personnes agressées par des oiseaux réputés inoffensifs, comme des mouettes ou de simples passereaux qui fonçaient droit sur leur victime pour lui asséner des coups de bec violents. Je me tenais sur mes gardes, prêt à frapper du plat de la main s’il fondait sur moi.
Manifestement la corneille s’obstinait à me suivre. J’entendais le bruit régulier de ma respiration inquiète. Des panaches de vapeurs sortaient de ma bouche dans l’air glacé à chaque expiration. Le froid provoquait une sensation de brûlure dans mes cavités nasales. J’aurais aimé ramasser une pierre et la jeter au volatile, mais on n’en trouvait aucune sur cet accotement bien entretenu. Et d’ailleurs, si une pierre s’était présentée, j’aurais dû me baisser pour la prendre. La corneille ne risquait-elle pas de percevoir ce geste comme de la soumission ou de la fuite, et dès lors de véritablement attaquer ? Je m’immobilisai et lui fis face. Prêt à la lutte. de la fuite, et dès lors de véritablement attaquer ? Je m’immobilisai et lui fis face. Prêt à la lutte. Elle ne bougeait pas, là-haut sur son nouvel arbre. Je la voyais comme une ennemie et une détermination s’installa en moi. La peur avait disparu. Je me sentais assez fort pour vaincre quand elle s’élancerait. Elle me regardait toujours et je souhaitais à présent engager le combat. Nous ne pouvions plus nous fixer l’un l’autre éternellement. Elle devait se décider, elle ; moi j’étais incapable, cloué au sol, d’engager l’assaut. Je lui fis signe d’un mouvement du bras, pour l’appeler à moi. Il fallait en finir.




Ce qu'ils en ont dit


*
Étrange ! Fascinant !
Delatour, « un patronyme bien banal ... simple coïncidence ne devrait te troubler en rien ... »
Raven, une Corneille qui a toute sa place tout au long de cette intrigue.
Tout s'embrouille… tout s'embrouille, le mystère s'épaissit au fil des pages.
Imaginez !
Mélangez de l'eau et du savon.
Faites des bulles multicolores qui s'échappent une à une.
Chaque bulle de couleur relate une histoire à chaque fois différente, à chaque fois similaire.
Le point commun des bulles reste le « savon » et ici dans cette fantastique et étrange histoire le point commun est le patronyme « Delatour ».
Des bulles qui partent dans toutes les directions pour finalement se rejoindre et finir par éclater.
Reste, un point d'interrogation ?
Je viens de refermer ce livre et il continue à m'intriguer !!!
marlene50, Babelio



*
Une route, un accident, l’hiver glacial et un anorak rouge dans la neige. Il part chercher du secours. À son retour, la voiture a disparu et on glisse vers le fantastique. Qui est ce mystérieux commissaire passionné d’oiseaux ? Ou cette commissaire qui porte le même prénom que sa femme ? Les histoires se superposent, les personnages aussi. À moins que le narrateur (ou ses
doubles ?) ait tout inventé ? Ou bien est-il en train de rêver ? Et ces oiseaux qui sont toujours là à les observer…
Audrey Verbist, L’Avenir.





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