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Née en 1947 à Passau d’un père russe et d’une mère polonaise, tous deux rescapés des camps,
Isabelle Bielecki
reçoit la nationalité belge en 1963, obtient une licence en traduction puis un diplôme de courtière en assurances, et consacre sa carrière au monde nippon des affaires tout en s’adonnant à sa passion de l’écriture.
Après les Mots de Russie (prix des Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles), plusieurs pièces de théâtre, des nouvelles, sept recueils de poésie et la création d’un nouveau genre de poème court, le stichou – qui fait l’objet de nombreux ateliers d’écriture –, Les Tulipes du Japon est son second roman.
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Isabelle Bielecki

Les tulipes du Japon
Photo de couverture et de l'auteur :
© Pierre Moreau


LES TULIPES DU JAPON


Roman
Parution 20 février 2018
240 pages
ISBN : 978-2-8070-0143-5 (livre) –  978-2-8070-0144-2 (PDF) –  978-2-8070-0145-9 (ePub)
18,00 EUR


Une histoire d’amour (qui finit mal, mais…)
Une histoire de guerre des nerfs dans une entreprise japonaise (qui finit bien, mais…)
Et des souvenirs qui balisent six journées d’une vie de combat.
Car rien ne se donne à une jeune immigrée, même quand elle est décidée à pleinement s’intégrer. Il faut se battre pour trouver une forme de bonheur, se démener pour garder sa place dans le monde professionnel, particulièrement s’il est transplanté d’une autre culture et ne se greffe pas facilement.





Extrait


Dans le divan où elle s’installe au bord des coussins, puis plus profondément, elle étale ses mains sur les genoux. Ferme les yeux. Elle a toujours aimé le soleil, fait partie de ses adoratrices. Personne comme lui n’est capable de chasser les pensées noires. Il les boit pour les glisser ensuite, la nuit peut-être, dans des nuages de tempête. Elle sourit à cette image.
Elle n’a rien senti. C’est d’abord un frôlement, une caresse plus légère qu’un pétale de tulipe qui tombe.
Quelque chose glisse sur sa peau, si doux que cela fait écran au soleil.
Le vent, car c’est lui, qui d’autre, défait ses boutons un par un et le soleil se faufile, caresse, embrasse. C’et si doux, si bon, si étonnant qu’elle n’arrête pas de frissonner.
Comment a-t-il fait pour enlever chaque vêtement, sans la heurter, sans qu’elle comprenne comment il s’y prend ? En jouant de ses baisers aussi agiles que ses doigts ? A-t-elle gémi ? Intérieurement sans aucun doute.
Un étrange mécanisme s’enclenche en elle. Ou plutôt quelque chose se met en route, une sorte de fin rouage caché sous la peau, partout, même là, en ce lieu secret où il ne va pas, qu’il contourne savamment.
Elle met un certain temps à réaliser que le petit bruit continu qu’elle entend est son propre ronronnement. Elle devient chatte sous le premier soleil de l’année. Et comme une chatte elle se déplie, s’étend, s’étale de tout son long, offre un maximum de peau à un tâtonnement qui sait où il va, qui volette de-ci de-là, jamais là où elle l’attend, où sa peau l’espère, mais sait qu’il reviendra à cet endroit-là où le bout de peau encore vierge attend son tour.
Sa tête roule sur le côté, vers le soleil qui lui mordille l’oreille, pour ne rien voir, seulement sentir. Un soupir plus profond que les autres lui entrouvre les paupières. Malgré elle. Et c’est alors qu’elle les voit.
Les tulipes sur la table.
Les tulipes qui la regardent.




Ce qu'ils en ont dit




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Le roman d’Isabelle Bielecki (très belle photo de couverture de Pierre Moreau), comporte deux parties, l’une faite de liberté et de lumière, l’autre remplie d’ombre et de la résurgence terrible du passé : Les tulipes du Japon et Les chrysanthèmes. À toute première vue, deux histoires très différentes (se plaçant à sept années d’intervalle), presque deux romans distincts. Mais on verra que les deux parties sont très intimement reliées.
Chaque chapitre (séparés par quelques mois, voire quelques années), s’écoule sur une journée, heure par heure, ce qui donne au récit un rythme soutenu, et le lecteur se refuse à refermer le livre avant la dernière page !
La première partie relate l’histoire d’une relation passionnelle, mais pas seulement, c’est bien plus que cela. Le récit doit se lire en fonction du passé d’Élisabeth, de ce passé qui a fait d’elle ce qu’elle est, et qui conditionne son destin. « Les tulipes du Japon » fait d’ailleurs d’incessantes incursions dans ce passé obsédant et douloureux (ses deux parents, « rescapés » des camps de concentration, se sont donné la mort à quelques années d’intervalle ; les brimades dures de sa mère qui n’hésitait pas à la battre ; les relations amour-haine entre le couple…). Le roman se situe dans le temps avant le premier roman de l’auteure, « Les mots de Russie », paru en 2005 (Prix des Bibliothèques de la ville de Bruxelles) ou, plus exactement, il s’intercale dans ce roman, entre les années d’enfance de la narratrice et le moment – bien des années plus tard – où il vient enfin à Élisabeth la possibilité/le désir/la force/la nécessité d’écrire pour tenter de se souvenir. L’on sait à quel point les mots sont des exutoires, ils épurent, ordonnent, stylisent les blessures et les apprivoisent… un peu.
Émile, son mari, a le mérite de l’avoir délivrée de la bulle familiale toxique où l’enfermaient ses parents, mais il se révèle vite un compagnon terne, une assez pâle figure se préoccupant peu des aspirations et du tempérament de sa femme. De cette relation naîtra (par une sorte de miracle ?) une fille. Élisabeth, cadre dans une entreprise japonaise, découvre alors l’extase dans les bras de son chef japonais, Miura. Dans une chambre de l’hôtel Hilton, lors de leur première vraie rencontre, « Les tulipes sur la table. Les tulipes qui la regardent. Multicolores et finement dentelées, elles retiennent leur respiration. Le cours de leur courte vie de tulipe (…) Elles contemplent cette femme allongée qui émet cet étrange bruit sans oser bouger ni un bras ni une jambe de peur de perdre ne fût-ce qu’une once du plaisir qui continue à courir sur sa peau. Un éclat de regard glisse entre ses paupières, vient se poser sur elles, les tulipes curieuses, rassurées à présent malgré le pétale tombé tout à l’heure, quand le couple est entré ». Ces tulipes, c’est le symbole d’une renaissance, sinon d’une naissance à la vie. Élisabeth découvre enfin le plaisir, la liberté de flâner, une sorte de sentiment de toute-puissance, les démesures de la passion. L’on comprend qu’à partir de ce moment, tout retour en arrière, à la médiocrité, est devenu impossible. La passion s’accompagne forcément de ses corollaires presque obligés, l’attente, les craintes que cela finisse et la peur de la solitude, même s’il est écrit depuis le début que cette histoire d’amour doit avoir une fin plus ou moins proche. Élisabeth n’en aura pourtant pas de regret. Elle le ressent intensément : lorsque l’on a aimé, il en reste toujours quelque chose, quoiqu’il advienne, et la vie peut continuer si l’on a été porté, aimé au moins une fois, une richesse jamais ni reprise ni perdue.
Après, viennent ou reviennent les temps sombres, « Les chrysanthèmes ». « Il y avait eu Miura, le Japonais qui lui avait offert les portes du paradis, quand cet autre, Abe, avait poussé celles de l’enfer ». La deuxième partie du roman se centre sur la vie professionnelle d’Élisabeth comme courtière en assurance, au sein de l’entreprise japonaise, après le départ de son amant rappelé au Japon. Un nouveau chef débarque. C’est le jour et la nuit. Il est loin, le temps où travail pouvait rimer avec plaisir et qualité de vie, sorte de dolce vita au bureau. « Voilà, le tremblement devient une secousse incontrôlable (…) Parce qu’elle sait tout en résistant de toutes ses forces à l’idée qu’elle sait. Le cauchemar de son adolescence l’attend (…) Mais que chaque fois elle arrive à la même conclusion, qu’elle a eu raison, qu’il n’y a pas d’autre voie que celle de tenir. Confrontée depuis l’enfance à un danger permanent sous les traits de sa mère, elle a développé un sixième sens pour le débusquer partout ».
Le passé l’a rattrapée et l’on assiste à une véritable descente aux enfers. Élisabeth, qui connaît successivement plusieurs relations amoureuses très décevantes, doit subir jour après jour, non seulement la pression de plus en plus intolérable d’une immense charge de travail, mais surtout, l’humiliation, le harcèlement moral de son nouveau chef (violent, névrosé et sans aucun doute jaloux de ses compétences à elle).
L’on y apprend beaucoup sur la place de la femme et la culture du travail dans ces entreprises japonaises à partir des années 2000, sorte de rouleaux compresseurs sans égard pour ceux qui s’y tuent au travail ; et se tuer n’est pas un vain mot car les suicides n’y sont pas rares (préfiguration des dégâts humains que font aujourd’hui beaucoup d’autres entreprises…) Comme lorsqu’elle était enfant, face à sa mère, Élisabeth se bat, ne lâche rien et, grâce à sa volonté et son opiniâtreté, elle ne plie ni ne se laisse abattre.
Un beau roman, puissant et émouvant. L’histoire d’une femme à la fois fragile et forte, née d’un père russe et d’une mère polonaise, qui se sent partout en exil et a hérité de son père de cette fameuse qualité russe qu’est le sens de l’honneur. Son existence a été constamment entravée mais, à aucun moment, elle ne se considère comme une victime. Elle est celle qui depuis toujours résiste, celle qui « doit tenir ». Celle qui tient bon.

Martine Rouhart, AREAW




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NOTES DE LECTURE DANS BABELIO

Élisabeth aime les tulipes dans le jardin et aussi le Japon, son travail, son amant.
Élisabeth est profondément marquée par ses parents, tous les deux alcooliques : son père Victor, ancien communiste russe a fui le régime de Staline et sa mère, d'origine polonaise, la bat, son père aussi d'ailleurs. Elle garde, de par son père, des préceptes où l'honneur doit être premier ; résister à l'entourage, tenir bon sans se soumettre et garder la tête haute : autant de bons principes qu'elle essaie de tenir, mais que c'est difficile dans son milieu professionnel géré par des Japonais. Sa mère, Eva, s'évade de son mari et cherche ailleurs l'amour. La vie sentimentale d'Élisabeth n'est pas des plus heureuses : son mari est rarement présent, elle trouve le bonheur avec Miura, son collègue professionnel, mais ce n'est que de trop courte durée puisque celui-ci est rappelé au Japon. La vie d'Élisabeth ? Plutôt galère !
Isabelle Bielecki arrive toujours à raviver l'attention du lecteur en amenant un nouvel élément au détour d'une prochaine rencontre. Originale aussi la découpe du roman : des journées avec un horaire précis et une envolée d'années inattendues.
Note : ****

D’Halluin, Babelio, FNAC.com, Furet du Nord.


Un livre au moins printanier de par sa couverture : la photo magnifique d'un champ de tulipes.
Le titre se réfère à la vue d'un vase de tulipes qui se trouve dans une chambre d'hôtel et qu'admire Élisabeth, l'héroïne de ce roman, pendant l'amour.
Cette petite fille, née en Belgique de parents russe et polonais exilés,subit durant son enfance le mal-être de ses parents revenus des camps .Son père, un brave homme, un « rouge »se laisse aller dans l'alcool, sa mère elle, ne veut pas baisser les bras, bravache, à la limite du comportement indécent. Elle bat sa fille à la moindre occasion, et surtout exerce une surveillance très dure, elle ne veut pas que la petite pense à la sexualité, chose qui évidemment va s'exacerber chez Élisabeth et imprégner quasiment toutes les pages du roman.
De la difficulté donc de se sentir fille d'immigrés, de gagner sa place au travail dans un consortium japonais, de s'adapter à la mentalité des chefs qui arrivent directement du Japon en y laissant leur famille, qui repartent quelques années plus tard, en ayant pour certains pris quelques maîtresses belges, souvent naïves.
Élisabeth divorce, élève sa fille, se débat avec son métier et ses amours souvent éphémères. Son but est un jour d'écrire un livre sur sa vie.
Que dire de plus ? je n'ai pas bien compris le besoin à chaque paragraphe de noter l'heure précise, comme s'il y avait un suspense haletant. La guerre des nerfs entre les japonais souvent arrogants et leurs collègues féminines est bien restituée, par contre le sexe prend une part très importante dans ce roman, après tout pourquoi pas, mais l'écriture pour mettre ces pages en valeur me semble un peu fade.
C'est une agréable lecture, je ne connaissais pas du tout je l'avoue cet auteur.
Note : ***

Verdure 35

MAIS AUSSI…

J'ai eu du mal à finir les Tulipes du Japon. Pourtant, on ne peut nier la qualité de l'ouvrage. Bien écrit, Isabelle Bielecki nous livre les 6 journées de combat d'Élisabeth travaillant au sein d'une société japonaise en Belgique. Il est agréable de lire des références à la vie bruxelloise / belge: Uccle, Bruxelles, la Première, etc. De même, il est toujours appréciable de découvrir une auteur belge !
La psychologie des personnages est également le gros point fort de ce roman. Les personnages ne sont pas seulement des êtres de papiers, ils prennent réellement vie. Le passé d'Élisabeth est véritablement creusé tout comme la vie son entourage. […].
Mais c'est dans le récit que le bât blesse. L'histoire semble pourtant à première vue bien ficelée. Divisées en plusieurs heures, les journées ainsi découpées se succèdent. L'une après l'autre, nous comprenons comment progressivement une femme tombe en décrépitude. Je le comprends vite, bien trop vite. Après ça, la détresse de cette femme se décline de mille et une manières. Elle sombre et resombre… Elle coule sans qu'apparaisse la moindre réelle lueur d'espoir. Et moi, lecteur, je me prends toute cette détresse dans la face, sans arme. Alors je tourne les pages dans l'espoir que les choses changent. Il n'est pas question de fraicheur dans ce roman. J'aurais pu avoir affaire à un roman à l'eau de rose. Mais tout ça part en eau de tulipe ! L'homme est à la fois bourreau et bouée. La femme est faite à la fois d'amour et de désir mais surtout de décrépitude. À moi, ce désespoir m'a paru sans fin. Les tulipes sont restées tulipes tout au long du roman. J'attendais les roses. Elles ne sont jamais arrivées.
Je pense que ce roman ne correspondait malheureusement pas à mes goûts contrairement à ce que j'aurais pu penser au départ. En réalité, j'avais plutôt été attiré par la culture japonaise. L'esprit d'entreprise des japonais est prégnant dans l'œuvre, mais il s'agit plutôt d'en mesurer l'impact sur le personnage principal. Cela pourrait plaire à certains, peu à moi.
Note : ***

timis

Note de l'éditeur.
Curieuse lecture : Élisabeth ne tombe pas en décrépitude malgré le harcèlement professionnel dont elle est victime et les séquelles d'une enfance très dure. Comme le remarque très bien Dhalluin, conditionnée par la psychologie de son père, elle résiste et finit par l'emporter, non sans dégâts, mais la vie n'est-elle pas ainsi faite ? Évidemment, si on attend "un roman à l'eau de rose" – ce qui est tout à fait respectable –, on ne peut qu'être déçu par "Les tulipes du Japon".


Un livre qui n'est ni à lire, ni à conseiller. Un fiasco du début jusqu'à à la fin. Je n'ai pas pour habitude de noter si sévèrement un livre […] mais les faits sont là. J'ai dû lutter de toutes mes forces pour le finir, c'était un calvaire.
Je me demande encore comment un éditeur peut laisser passer un tel non-sens. L'histoire est incompréhensible. Aussi incompréhensible que la quatrième de couverture. Aussi incompréhensible que le titre lui-même.
On dirait que l'auteure écrit tout ce qui lui passe par la tête et qu'il n'y a aucune ligne directrice dans son esprit.
Elle ne fait que tout survoler : les évènements, les personnages (qui sont tellement nombreux qu'on finit par tous les oublier), les situations, les relations. Il n'y a pas de consistance. Je n'ai pas pris la peine de faire des annotations ni de repérer des citations car il n'y a rien d'intéressant. le style est trop saccadé et les points d'exclamation y sont trop nombreux. C'est repoussant à lire.
L'histoire et le style de l'auteure m'ont laissé indifférents.
Cette histoire d'entreprise japonaise n'est qu'un prétexte pour donner une dimension exotique au récit et de nous rabattre quelques clichés éculés sur le travail nippon. Elle mélange à ça des anecdotes sur la Russie qui reviennent sans cesse et qui n'ont pas lieu d'être, ce qui rend le livre incroyablement pompeux !
Histoire d'amour impossible ? Fossé des cultures ? Biographie d'une enfant battue hantée par son passé ? Décadente occidentale assoiffée de liberté ?
C'est à la fois tout ça, et à la fois n'importe quoi. Il aurait fallu faire un choix.
Note : une demi-*

Mero

Note de l'éditeur.
En fait, c'est cette critique qui est du "n'importe quoi". Des affirmations sans le moindre argument. Ce "non sens" qu'a laissé passer l'éditeur est une autofiction, basée sur une expérience de vie authentique, ce que le "critique" n'a pas l'air d'avoir compris. "Ce prétexte pour donner une dimension exotique au récit" est l'expérience de toute une carrière professionnelle dans des entreprises japonaises. Quant aux "anecdotes sur la Russie qui n'ont pas lieu d'être", une lecture de la Quatrième aurait montré que l'auteure, fille d'un couple russo-polonais qui s'est rencontré dans les camps et en a traîné les séquelles jusqu'à un double suicide, a été longtemps apatride avant d'obtenir la nationalité belge. Mais peut-être cette quatrième était-elle incompréhensible. Peut-être aussi Mero devrait-il apprendre à lire. La clé de ce lynchage est est sans doute à chercher dans les autres opus du même "critiques". On n'y trouve que des auteurs japonais, de mangas principalement, c'est à dire véhiculant une image héroïque mais mythique de la civilisation nippone. "Les tulipes du Japon" ont dû fracasser l'image d'Épinal au pays du Soleil levant. Désolé !




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Nous pouvons tous devenir des immigrés et nous retrouver confrontés à une société inconnue, sans forcément tourner le dos à nos racines et à notre culture. Isabelle Bielecki signe un roman plein de vérité, qui prouve que rien n’est jamais acquis sans efforts et que, malgré les avanies, la vie suit son cours. Il s’agit aussi d’une histoire d’amour qui, forcément, ne peut pas mal finir, d’une guerre des nerfs dans une entreprise japonaise où rien ne ressemble à ce qui se pratique en Europe et d’une recherche du bonheur, véritable boussole qui scande le quotidien de chacun. Forte de belles descriptions, l’auteure nous plonge dans un univers exotique, loin de nos certitudes et de nos règles. Au fil des pages, l’héroïne découvre un monde implacable de rigueur et d’autorité, avec des codes très éloignés des nôtres. En évitant les raccourcis, ce roman parle de situations, d’abord hors de portée, et qui progressivement se laissent apprivoiser. Si le but n’est pas de disséquer la société nippone, « Les tulipes du Japon » offre un regard intériorisé sur une région en plein essor économique et qui s’érige parmi les grandes puissances sur l’échiquier mondial de la finance. Née en 1947 à Passau d’un père russe et d’une mère polonaise, tous deux rescapés des camps, Isabelle Bielecki a reçu la nationalité belge en 1963 et a obtenu une licence en traduction, puis un diplôme de courtière en assurances, avant de consacrer sa carrière au monde des affaires, tout en s’adonnant à sa passion de l'écriture.

Sam Mas, Bruxelles Culture.


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Comment vivre dans un milieu professionnel japonais au cœur de Bruxelles ?
Isabelle Bielecki importe en Belgique quelques-unes des questions que se posait Amélie Nothomb dans Stupeur et tremblements. Le gouffre culturel est immense. Même la sensualité ne permet pas de le franchir complètement.
C'est aussi l'histoire d'une femme qui se bat, comme tant d'autres, pour mériter sa place dans des cercles masculins. En outre, elle vient d'ailleurs.

P.My, Le Soir.


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Pour commencer, je dois dire que je suis fan de la couverture, c’est le genre de photos que j’adore, je ne m’en lasse pas.
Ce roman est divisé en deux parties, la deuxième est un peu plus sombre que la première, mais tout autant prenante à lire.
L’auteure a des parents de deux nationalités différentes, et je trouve qu’elle a transmis de multiples valeurs à son récit, que ce soit émotionnellement, ou dans la manière de vivre. La narration est parfois un peu fouillis, comme si Élisabeth nous transmettait son mal-être directement par ce biais. Ce qui pour moi n’est pas du tout un point négatif, bien au contraire, je trouve que justement cela rend le récit et l’histoire plus profonde, on se prend d’affection pour elle tout en essayant de la comprendre pour l’aider au mieux à se trouver, à comprendre certaines situations dans lesquelles elle semble patauger. Élisabeth est une femme qui doit se faire une place dans un monde d’hommes, un parcours compliqué et pas de tout repos, comme vous vous doutez.
Mais pour ma part, ce n’est pas tant l’histoire qui m’a tenue du début à la fin, c’est plutôt le travail fait sur chacun des personnages, ils sont hyper profonds, le côté psychologique est relativement approfondi, rien n’est laissé au hasard. Le lecteur n’a aucun mal à comprendre les motivations d’untel, ou encore pourquoi un autre ressent d’une manière et non autrement. Tout comme les descriptions de ce qui nous entoure, un vrai régal que l’on n’a pas envie de quitter
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Alouqua, Le monde enchanté de mes lectures.


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Autant le dire d’emblée, ce deuxième roman d’Isabelle Bielecki est une réussite totale, forme et contenu. L’auteur nous emmène en plein cœur de Bruxelles dans le milieu japonais des affaires, milieu qu’elle connaît parfaitement pour y avoir œuvré durant des années. Les entreprises nipponnes ont pour habitude d’envoyer leurs cadres à l’étranger dans des bureaux qu’elles possèdent dans de nombreux pays. Bruxelles, capitale de l’Europe, n’échappe évidemment pas à la règle. Élisabeth, l’héroïne du roman, se retrouve confrontée aux us et coutumes du Pays du Soleil Levant, avec le côté face et le côté pile de la médaille. Les directeurs japonais peuvent se montrer courtois, ouverts, cultivés ou se comporter en rustres de la pire espèce.
Mais « Les Tulipes du Japon », ce n’est pas seulement la peinture d’une microsociété, aussi originale soit-elle, c’est aussi un vrai roman avec tous les ingrédients qui peuvent emporter un lecteur : amour, malheur, désillusions, rêves… Pas le moindre temps mort dans ces presque 250 pages de pur plaisir.
La biographie d’Isabelle Bielecki nous apprend qu’elle est née de père russe et de mère polonaise, tous deux rescapés des camps nazis, tout comme le personnage central de son roman. Et cela m’amène à évoquer la densité de ce roman. L’auteur ne se contente pas de raconter une histoire, elle analyse finement les influences du milieu familial sur le vécu d’une personne. Élisabeth n’a pas connu que des bons moments avec ses parents, notamment avec sa mère et elle en garde des séquelles qui parasitent sa vie adulte. Les moments d’introspection de l’héroïne sont vraiment d’une justesse remarquable, surtout que tout le texte est porté par une écriture lumineuse, où abondent les images et les tournures de phrase rythmées comme une partition musicale. Sans doute le fait qu’Isabelle Bielecki ait écrit des pièces de théâtre et des recueils de poésie n’est-il pas étranger à cette beauté stylistique, qui, il faut le souligner, ne rend pas le texte difficile d’accès. Au contraire, tout est fluide, simple, efficace et… beau.
Je ne puis donc que vous recommander ce livre paru chez M.E.O. car il vous fera passer un moment très agréable et très dépaysant.

Claude Donnay, revue Bleu d’Encre



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Ce roman est un cadeau, un bonheur pour ses lecteurs, en particulier pour ceux qui aiment les jardins, les fleurs, les arbres, leur voluptueuse caresse sur la peau, l’esprit et le cœur. Toute la vie d’Elisabeth en est semée, depuis le délicieux jardin du couvent où ses parents la déposent à l’âge de quatre ans jusqu’aux pâquerettes d’un parc de Bruxelles, capitale où elle mène sa vie de cadre. Une vie difficile qu’elle ne peut s’empêcher d’animer d’élans – comme celui d’embrasser Miura après l’offrande des pâquerettes – et parfois d’anecdotes savoureuses, de verres de vin, de rires. Les tulipes, elles, seront les complices de ses amours clandestines et si délectables avec le fameux Miura, son chef japonais. Il y aura aussi les chrysanthèmes déposés – pour elle ? – au bureau, et, plus tard, bien plus tard, le grand sapin qui l’observera à travers la fenêtre, quand elle craindra d’être licenciée.
Les arbres et les fleurs sont cependant bien loin d’être le thème d’une histoire à l’eau de rose, car celle d’Elisabeth est rude. Ses parents, russo-polonais, rescapés des camps nazis, restent marqués par leur vécu : sa mère la bat violemment depuis sa petite enfance jusqu’à ce qu’elle fuie dans un mariage qui ne la comblera jamais ; son père la défend mollement ; tous deux ont une vie difficile de réfugiés, en porte-à-faux avec la communauté des Russes blancs exilés en Belgique – il est communiste.
Son mari, Emile, ne lui apporte aucun bonheur. Seul, Miura, tout en retenue et discrétion, lui offre la joie merveilleuse de la volupté partagée, de la complicité sans parole, de la jouissance délicate d’une incroyable harmonie. Mais il est marié et elle sait qu’il sera un jour appelé à rentrer au Japon. Au moins, trouvera-t-elle la force de divorcer en partie grâce à ce qu’elle vit avec lui.
Mais une fois Miura retourné définitivement dans son pays, le parcours sentimental de cette femme pleine d’une certaine rage de vivre et d’un immense besoin de sensuelle tendresse, ne sera pas exempt de pièges et de déceptions. Toutefois, sa fierté, sa force de caractère et son sens de la résistance l’aideront à tracer sa route. Et puis, il y aura sa fille devenue grande et leur dialogue plein d’amour et d’honnêteté : éclat de lumière au milieu de l’indifférence des uns et de la malveillance des autres. Tout cela avec, en toile de fond, la jungle du monde des affaires, un monde d’hommes où Elisabeth continuera de mener son combat de femme, diplômée et hyper compétente, mais est-ce suffisant pour que ses supérieurs hiérarchiques, nippons en exil provisoire, la respectent comme un être humain à part entière ? Sa confrontation avec son dernier chef notamment n’est pas sans rappeler certaine stupeur et certains tremblements.
La fin pourrait être dramatique, mais Elisabeth a en elle une ressource cachée, quelque chose qui sourd comme une source claire : son goût pour les mots qui disent les choses, parfois au travers d’images et parfois sans détour, telles qu’elles sont. L’écriture, fût-ce celle d’un rapport pointilleux et exhaustif, peut sauver parfois…

Pratellum, Babelio





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Les Tulipes du Japon (238 pages) nous projettent dans la vie d’une femme, Russe d’origine, qui trimbale sur le dos (qui finit cassé au sens premier) de trop lourdes valises : un vécu de déracinés, de rescapés aussi (les parents) des camps et des tragédies. Pourtant, notre héroïne se bat contre les obstacles avec talent et courage, creuse un sillon original, avec son travail au sein d’une entreprise japonaise. A le grand mérite de réagir face à une vie privée délavée, d’oser préférer l’aventure, au sens d’épisode de vie véritable, au confort. Souvent complexée mais ne renonçant jamais.
Au-delà des premières impressions d’autofiction, très réductrices, on glisse progressivement vers la fable, c’est la femme, la condition de la femme quasi, qui nous heurte de plein fouet, et, en tant qu’homme, on est honteux d’observer le comportement de nos semblables, trop nombreux, sans doute majoritaires, tous ces écueils qu’on place sous le sol mouvant de nos compagnes ou collègues, employées (les divers types de harcèlement y passent, à commencer par le moins évoqué : l’absence du présent, le mari ou le père, l’amant qui ne vous écoute pas, ne vous comprend pas, ne participe en rien de votre réalisation). On se consolera en songeant que c’est la majorité de la gent humaine (femmes comprises donc) qui s’abîme dans l’abus de pouvoir, l’indifférence, la lâcheté, la superficialité. Sinon, notre monde, évidemment, ne serait pas celui des Trump et Poutine, Erdogan et autres tribuns… populaires.
Écrit de manière fluide et raconté de manière alerte, nous révélant en sus les dessous d’une certaine émigration japonaise, le récit termine quasi en thriller soft : j’ai dévoré les dernières dizaines de pages en partageant les divers combats de l’héroïne, en espérant lui voir dénicher la parade, vaincre l’adversité et toucher à bon port… privé et professionnel.
Nul doute que de nombreuses personnes seront touchées par un livre qui met en scène les difficultés de l’existence et promeut la résistance tout en ayant la grâce de ne pas nous offrir une super-héroïne mais un roseau, qui plie, rassemble ses forces menues, manque de rompre mais…

Philippe Remy-Wilkin, Les Belles Phrases






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Se battre, toujours se battre

Après un premier roman Les mots de Russie (éd. E.M.E.), remarqué par le prix des Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles, plusieurs recueils de poésie ainsi que des pièces de théâtre et des nouvelles, Isabelle Bielecki propose un deuxième roman, Les tulipes du Japon, aux éditions M.E.O. Le roman d’une femme au parcours étonnant à travers lequel le lecteur est en droit de lire des accents autobiographiques, à partir des éléments que lui fournit la quatrième de couverture.
L’éditeur, l’écrivain Gérard Adam, nous informe en effet qu’Isabelle Bielecki est née en 1947 dans la ville bavaroise de Passau, d’un père russe et d’une mère polonaise, tous deux rescapés des camps, passé familial qu’elle partage avec l’héroïne de son roman, Élisabeth. Les victimes et fantômes de l’Histoire vont hanter l’enfance et la jeunesse de la gamine, confrontée à des parents porteurs de douleurs inguérissables.
En 1963, Isabelle Bielecki obtient la nationalité belge. Le livre évoque de manière émouvante le combat quotidien d’une émigrée pour s’intégrer dans la société belge, alors qu’au handicap d’être une étrangère, s’ajoute celui d’appartenir à un milieu social modeste, son père n’ayant d’autre possibilité que d’offrir ses services comme domestique à une famille uccloise nantie.
Après avoir obtenu une licence en traduction, puis un diplôme de courtière en assurances, Isabelle Bielecki consacre sa carrière au monde nippon des affaires, curriculum vitae qu’elle partage à peu de choses près avec la protagoniste des Tulipes du Japon. Elle nous offre une immersion inédite, bien sentie, dans les milieux professionnels japonais implantés dans certains quartiers de la capitale européenne. Elle détaille leurs codes très particuliers, parfois cruels, leurs manies, leurs jeux de pouvoir, comme Amélie Nothomb l’avait déjà esquissé dans Stupeurs et tremblements.
Surtout, ce roman met en scène le combat d’une femme pour se réaliser en dehors des contraintes que bien des hommes lui imposent : son père Victor, au nom de l’honneur russe de l’émigré, son premier mari pour qui elle demeure transparente, son deuxième mari qui privilégie son boulot même quand elle l’appelle à l’aide, ses amants, le Belge qui ne fait que passer et le Japonais, Miura, le seul qui la comble mais qui retournera au pays. Le pire viendra avec un collègue toxique, dominateur, harcelant. Une série d’humiliations qu’elle avait inaugurée avec sa mère Eva qui la rabaissait quotidiennement par des châtiments corporels, sans que le père s’interpose. Dans sa quête d’un supplément d’existence, elle trouve des témoins inattendus et bien décrits comme un lilas, un sapin, une glycine et, bien sûr, des tulipes, ainsi que sa fille Ania. Celle-ci reflète d’une certaine façon l’aboutissement de tous les combats menés par sa mère pour exister pleinement.

Michel Torrekens, Le Carnet et les Instant





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