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Écrivain et artiste plasticien belge,
Monique Thomassettie
est l'auteur de plus de 70 ouvrages (poésie, contes et nouvelles, roman, théâtre), dans lesquels elle « vivifie mythes et symboles en les variant, en les mouvementant ».

Certaines de ses œuvres ont été traduites en bosniaque, croate et anglais.


« Her poetry is unusual in several ways : in its imaginary, its pictorial qualities, as wel as in its deep sense of the sacred. Humorous touches are present as wel… »
Renée Linkhorn and Judy Cochran, Belgian Woman Poets, An Anthology, Peter Lang, New York, 2000.

« … un univers personnel empreint d'une magnifique poésie de l'être intime… Un talent rare d'une grande richesse intérieure qui s'offre à l'Autre au gré de publications singulières, donneuses de clés pour mieux saisir le monde tout d'originalité de l'auteur… »
Nathalie Lescop-Boeswildwald, « Les Amis de Thalie
»


Monique Thomassettie
2019


Catalogue
Tableau de couverture :
© Monique Thomassettie,
"Ermite au bord de mer" (1994)

Monique Thomassettie
ŒUVRES PLASTIQUES
Livre I

Catalogue

Tableaux et dessins


112 pages dont 58 pages couleurs
Format 210 x 297 mm

ISBN: 978-2-8070-0221-0
2020 – 28,00 EUR






e-book
17,99 EUR

Extrait

Ce catalogue rassemble des œuvres de diverses périodes : des symbolistes, des abstraites, des paysages imaginés, des œuvres d’après nature...
Des œuvres et non les, parce que beaucoup ont été perdues.
Ces périodes ne se succèdent pas chronologiquement. Elles s’entremêlent, ont des récurrences.
Les œuvres abstraites pouvant être à la lisière entre abstraction et symbolisme, je les ai placées dans le Livre I.
D’ailleurs, ces définitions sont à revoir – j’en ai déjà parlé ailleurs.
Mon appellation de périodes n’est pas un cloisonnement : il s’agit de divers aspects de ma créativité à la fois inquiète et curieuse.

L’art abstrait : une expression non figurative de sentiments indicibles.
Sentiments indicibles, mais pas abstraits : existentiels.
Mes tableaux abstraits ont presque toujours été l’expression d’un profond mal-être, voire d’une peur.
Mais lorsque Kandinsky découvrit l’art abstrait en voyant un tableau figuratif posé à l’envers, il s’agissait de la seule composition, et non pas de cette expression indicible qui touche à l’instar de la musique.
Dès lors, regarder comme on écoute.

Je parle de ce seul tableau, parce que la musique porterait Kandinsky.


*

Mon symbolisme et ma vision compositrice sont autodidactes et relèvent de mon cheminement spirituel.
J'ai toujours su d'instinct comment composer, équilibrer lignes et formes, valeurs et couleurs.
Mais, à 20 ans, j'ai appris comment regarder les objets composant des « natures mortes » afin de les peindre et les dessiner simplement et justement.
En 1966, au cours de peinture du dimanche matin à l'Académie de Saint-Josse (Bruxelles), Pierre Dulieu conseillait de cligner des yeux afin de mieux voir le ton local, l'ombre et la lumière des objets à peindre : fruits, légumes, bouteilles, pains, etc. De lui, j'ai donc appris à ne pas me perdre dans les détails – l'erreur des débutants.
La même année, à la même académie, au cours du soir de dessin, Marcel Verhofstadt apprenait aussi à bien voir ; « dessiner, c'est bien regarder », disait-il. La ligne d'un vase, celle d'un verre, celles d'un drapé.
Ensuite, je fréquentai l'Académie de Bruxelles en tant qu'élève libre, c'est-à-dire afin de bénéficier de modèles. Je n’ai donc pas appris le portrait, ni la composition.
C'est en peignant que je suis devenue peintre.
Dans mon atelier, les personnages de mes compositions, je les ai peints tantôt d’après miroir, tantôt d’après croquis (ou d’après photos quand la pose était anatomiquement trop pénible à garder !), tantôt d’après nature, tantôt d’imagination.
Idem pour les arbres (sauf que je ne les ai jamais photographiés).
Quant aux éléments (terre, pierre, montagnes, mer, cascades, nuages…), dans la mesure où je les ai (en vacances notamment) peints et dessinés d’après nature, et où, de ce fait et aussi grâce à mon animiste empathie, je les ai intériorisés, il m’a été aisé de les imaginer.
Peignant la vague, j’étais la vague.


Extrait de Moments d’une Psyché.


*
Catalogue 1

Catalogue 2

Catalogue 3


Ce qu'ils en ont dit



À PROPOS DU CATALOGUE

L’auteure écrit en page 4 de couverture : « Ce catalogue rassemble des œuvres de diverses périodes : des symbolistes, des abstraites, des paysages imaginés, des œuvres d’après nature (portraits…) » Mais elle nous dit encore : « Ces périodes ne se succèdent pas chronologiquement. Elles s’entremêlent, ont des récurrences. […] D’ailleurs, ces définitions sont à revoir – j’en ai déjà parlé ailleurs. Mon appellation de périodes n’est pas un cloisonnement : il s’agit de divers aspects de ma créativité à la fois inquiète et curieuse. »
Elle a bien raison. On aurait grand tort, en ce qui concerne du moins un peintre ou un écrivain doué d’une personnalité forte, de considérer les périodes comme un absolu, alors qu’elles ne sont que les reflets d’une époque sur une individualité : si celle-ci est assez forte, elle s’en détachera et s’en libérera dès que ce sera nécessaire. Ceci est d’importance. Quand elle nous parle plus loin de son inquiétude et de sa curiosité, c’est à mettre en rapport avec ce que nous venons de dire. Curiosité : une notion inconnue à ceux qui sont d’emblée satisfaits d’eux-mêmes (et de leur époque !). Mais c’est précisément la source de l’inquiétude : un risque à courir, que de quitter les rivages rassurants du présent pour explorer l’avenir et le passé (autrement qu’en restant frileusement à l’abri de son propre présent). Baudelaire ne disait-il pas : « Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel qu’importe ? Plonger au fond de l’inconnu, pour y trouver du nouveau. » ?
Dans cette perspective, les parentés, les influences se posent en d’autres termes : il ne s’agit pas tellement de Maîtres, mais plutôt de parents, de frères, dont les traces, en cette brousse infinie, recoupent les nôtres ? Et s’il faut en citer, en ce qui concerne M.T., William Blake, ses peintures, et ses Chants de l’Innocence et de l’Expérience, qui sont à la base d’une expérience pleinement originale, d’un monde à peine sorti des mains de son créateur, ou encore Thoreau, qui a la même audace pour renouveler les problématiques en remettant tout à plat. Et si elle se réfère elle-même à Puvis de Chavannes, c’est, me semble-t-il, le privilège d’une paix chèrement payée, au terme d’une démarche qui n’a rien de confortable.
Dans les œuvres symbolistes et abstraites, nous noterons la prédominance des bleus et des jaunes, en rappelant, à la suite de Michel Pastoureau, que le bleu est d’utilisation relativement récente en peinture – au Moyen-Âge, les artistes utilisaient plutôt la couleur dorée pour leurs fonds. Mais, dans les paysagistes qui ont suivi, au Bas Moyen-Âge et à la période classique, le bleu dans les paysages était réservé aux lointains. Ici, bien souvent, ils se partagent le tableau. On notera aussi le retour fréquent du thème du cercle – mais c’est un cercle-tourbillon, une sorte d’origine du monde, plutôt que l’image de la perfection statique. Et, à côté du cercle, une verticale affirmée – que nous retrouverons dans le reste de l’œuvre : cette cavalière fièrement campée au milieu du tableau – un peu comme la Cavalière Elsa de Mac Orlan, dans un tout autre contexte – mais venue là en ferme affirmation et comme annonçant la figure de la paix, que nous trouverons, sur la couverture du livre, calmement assise sur une sphère de pierre, entre pierres et arbres creux, et comme rassemblant en sa méditation plusieurs éléments du monde.
Dans la suite du livre, les couleurs vont se diversifier, les cadres vont se peupler, tantôt de foules non point nécessairement anxieuses, mais bien souvent fraternelles et occupées à des tâches heureuses et pacifiques, une sorte de Moyen-Âge intimiste et proche de nous, rassurant, ou encore de scènes tirées de l’Évangile. Les arbres y ont souvent leur place, de même que les anges, mais ceux-ci mêlés à la foule qui les intègre au milieu d’elle.
Et puis, surtout, surtout, il y a ces enfants, ces enfants porte-joie et source d’une tranquille assurance, au milieu de ces nombreux dessins de visages aux regards acérés, aigus, en quête de l’autre, avec une prédominance marquée pour les yeux, le regard.
Voilà, je n’espère pas bien sûr avoir réussi à inventorier routes les richesses de ces œuvres ouvertes sur le monde aussi bien que sur soi-même. Puissé-je du moins vous avoir donné le goût et l’envie d’y aller voir par vous-même – car il s’agit en définitive d’un monde fraternel et accueillant.

Joseph Bodson, Reflets Wallonie-Bruxelles




À PROPOS DE L'ŒUVRE PICTURALE

« Le recueillement est sans doute le mot qui définit le mieux la peinture de cette jeune femme extrêmement sensible. Les couleurs sont sourdes, ponctuées parfois d'éclats plus vifs mais jamais violents. Tout est mesure dans cette peinture lisse où passe parfois l'ombre portée d'un ange sur un mur de jardin. »  Anita Nardon, 1989

« Ce sont aussi des sentiments mystiques qui inspirent Monique Thomassettie, mais au niveau de la famille, du couple et du cloître, dans la perspective inaugurée par le tendre Puvis de Chavannes. »  Paul Caso, 1989

« C'est du beau travail. Du cousu main. Du cousu cœur. »  Stéphane Rey, 1992

« Mysticisme et symbolisme se conjuguent dans l'œuvre de Monique Thomassettie. Chez elle, la pensée domine et détermine la construction, toujours rigoureuse et équilibrée. »
Arts Antiques Auctions, 1992

« Pays de nulle part, son nouvel univers pictural est fait de montagnes, de mers, d'infini et de nuages, il baigne dans le bleu particulier des pays de forêts, peut-être ce ‘bleu d'Ardenne’ dont parlait Carlo Bronne. Musique, poésie et mystère sous-tendent cette œuvre tournée vers la lumière et l'amour universel. »  Anita Nardon, 1992

« Poursuivant depuis quelques années une sorte de voyage initiatique intérieur, Monique Thomassettie baigne dans une atmosphère de spiritualité qui lui permet d'affronter avec sang-froid le spectacle menaçant du ciel et de la mer, la profondeur ténébreuse et mouvante des orages, l'assaut des vagues, le déferlement des eaux, les feux sur la lande. Elle poursuit donc, avec assurance et talent, son étonnante œuvre prophétique. »  Stéphane Rey, 1993

« Quel que soit l'amour avec lequel elle les traite, ses personnages, réminiscences de rêves nocturnes ou éveillés, ne représentent pas des individus. Ou pas seulement ! Par leur expression, leur attitude, les relations qui les unissent ou les opposent, ils tracent une universalité dont ils sont malgré eux porteurs. À l'insu peut-être de l'artiste, chacun offre d'elle un archétype, écartelée entre extase et souffrance, tantôt médium et tantôt ermite, condamnée au regard quand elle n'aspire qu'à la solitude. »  Gérard Adam, 1993

« Cette femme a mis son âme dans ses peintures, cela se sent. Parmi les paysages de son âme, je découvre aussi et surtout l'amour : le portrait de sa fille. »  Anne-Michèle Hamesse, 1995

« Monique Thomassettie touche à l'essentiel de l'être, aux symboles, à l'émotion pure, cette poète peintre se fait aussi alchimiste précieuse quand ses rêves ressemblent à ses peintures et que les peintures deviennent rêves »  Anne-Michèle Hamesse, 2003

« Son univers, attaché aux évocations figuratives et spirituelles, peut s'exprimer en mots par le titre de ses œuvres où il est question d'amour difficile, de guerre, de dieux et de Dieu, de colombes, de pèlerins, de paroles d'or, d'anges et de pardon.
On a l'impression que règne là l'imminence d'une coulée, qui pourrait noyer visages, décors, contemplation angélique, moments musicaux et compagnons pèlerins, dans une étrange et silencieuse fusion. »  Stéphane Rey, 2000



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