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Né à Ciney en 1958.
Claude Donnay
a été enseignant.
Il se consacre aujourd'hui à l'écriture et à la revue – maison d'édition
Bleu d’Encre, qu'il a fondée pour publier les poètes qu'il aime.
À ce jour, il a publié 17 recueils de poèmes et participé à plusieurs anthologies.
Il écrit aussi des nouvelles, dont certaines sont parues dans les revues Sol’Air, Nouvelle Donne ou RegART.
L'heure des olives est son quatrième roman, tous aux éditions M.E.O.
Il a reçu le prix Emma Martin pour sa nouvelle Spartacus
La route des cendres, son premier roman, a été finaliste du prix Saga Café.

Un été immobile, son deuxième, a obtenu le Prix Mons'Livre


Claude Donnay

L'heure des olives


L'HEURE DES OLIVES

Roman, 2021

276 pages
ISBN 978-2-8070-0296-8 (livre) –  978-2-8070-0297-5 (PDF) –  978-2-8070-0298-2 (ePub)
20,00 EUR


Constatant que sa vie et son couple se délitent, Nathan Rivière simule un burn out et part se ressourcer à Saint-Walfroy. Il y fait la connaissance d’une femme fascinante et y découvre L’heure des Olives, manuscrit du roman écrit par son père la retraite venue, dont lui-même, indécrottable velléitaire, s’était toujours imaginé porteur. Le père n’ayant aucune intention de publier son œuvre, la tentation est grande pour Nathan, lorsque l’occasion se présente, de se l’approprier. Une supercherie qui va le mener sur des routes imprévues liées au thème du roman…





e-book
12,99 EUR



EXTRAIT

Tout atteste la réussite. Les murs terre de Sienne, l’éclairage intégré, les tableaux monochromes d’un peintre coté à la signature illisible, les meubles chinés, cette harmonie dans le désordre des objets… La réussite insolente. Indécente. Les gens qui franchissent le seuil de la maison respirent profondément, comme s’ils pénétraient dans un lieu sacré. Moi, vautré sur le canapé en cuir blanc, j’y étouffe en silence. J’aimerais gueuler ou casser quelque chose de précieux. Une carafe en cristal de Bohème ou ce vase chinois dont le couvercle me nargue. J’étouffe, mais jubile…
Trois mois sans mettre les pieds au bureau. Certificat médical en bonne et due forme. « Burn out profond, ramifié. Difficile à déraciner ». Le docteur Genaux n’a pas peur des mots ni des chefs d’entreprise.
J’ai déposé mon certificat à l’accueil. J’aurais pu monter au sixième étage. Trévort m’aurait écouté, les doigts en éventail sur la table en verre. Prêt à bondir. Comme chaque fois qu’il doit subir un discours déplaisant. J’ai préféré zapper. « Sorties autorisées et même conseillées. » Un chèque cadeau. Trois mois de vacances. « Pour commencer. » Je n’ai pas connu semblable fête depuis la fin des études.





CE QU'ILS EN ONT DIT


*

Nathan Rivière, le narrateur du quatrième roman de Claude Donnay qui a une trentaine d’années, invoque un faux burn-out pour prendre du recul et très vite rompre avec sa femme et son travail.
Dans un ermitage, il fait la rencontre d’une femme séduisante dont il apprendra qu’elle est éditrice. Le père de Nathan, jeune retraité, lui confie par ailleurs le manuscrit d’un premier roman qu’il a terminé et qui raconte l’histoire d’un passeur de migrants dans le sud de la France qui s’éprend d’une Syrienne mariée. Le Passeur, titre provisoire de ce roman du père, avant qu’il s’appelle L’Heure des olives, va bientôt imprégner, régler la marche du récit.
Car ensuite va germer dans la tête de Nathan une idée retorse pour se rapprocher de la femme qui le fascine sans savoir dans quel parcours il s’engage… Plusieurs fois, il s’accuse d’être un velléitaire, un menteur, de s’être trompé et d’avoir trompé les autres sur ce qu’il est vraiment ; bref, de ne jamais avoir pris ses responsabilités ni avoir aimé.
L’Heure des olives, le roman du père, écrira le narrateur, cela pourrait être l’heure où l’on secoue les branches pour récolter les fruits en pluie dans les filets, comme un miracle, mais cela pourrait aussi être l’heure des décisions, des mots qui tombent des lèvres, des actes posés avec leurs conséquences à venir…
Derrière l’histoire d’amour qui va attacher le narrateur à l’éditrice se noue une autre relation, plus forte, fondamentale, celle qui va réunir le père au fils via un roman, objet du passage, du relais entre les deux hommes.
Souvent, quand un livre est évoqué dans un récit, c’est à titre anecdotique. Outre la qualité évidente des passages rapportés, le livre dont il est ici question est au cœur du récit, il relie les protagonistes et devient moteur de leurs actions.
Ce roman dans le roman qu’on lit va aussi permettre l’épanouissement du narrateur. Mais par le dispositif mis en place, il permet à l’auteur même de s’interroger, en y mêlant le lecteur dans une forme de clin d’œil, sur sa propre pratique romanesque (et celle de tout écrivain). La mise en abîme se révèle donc un jeu de miroirs et d’échos à plusieurs facettes.
Un roman beau et fort, qui provoque le frisson. Ancré, engagé dans son époque, la nôtre, il pose de multiples questions existentielles sans les résoudre toutes, de sorte que le lecteur les prenne à son compte et prolonge ainsi sa réflexion. Bien au-delà de la lecture du livre…
Éric Allard, Les Belles Phrases

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Claude Donnay signe ici un roman dont il a le secret, baladé par des ondes raffinées, de jolis instants d’émotion et une écriture qui doit énormément à son charme de poète. Avec « L’heure des olives », il nous convie à connaître Nathan Rivière, un homme qui simule un burn-out pour ne pas perdre pied, se retrouver et fuir une société où il a de plus en plus de difficultés à s’épanouir. Il part se ressourcer à Saint-Walfroy. Là, il fait la connaissance d’une femme mystérieuse et fascinante. Un de ces êtres qu’on ne croise qu’une fois et avec lequel il importe de ne pas perdre le contact. Une chose ne laissant guère de place aux conjectures, il découvre que son père a rédigé le roman que lui-même comptait écrire. Bousculé par des sentiments contradictoires et des émotions intenses, il sait que ce séjour sera pour lui un grand moment de transition, un temps d’introspection. Sortira-t-il mûri de cette expérience et de ses réflexions ?
Sam Mas, Bruxelles-Culture

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C’est un très beau roman que signe ici l’écrivain belge Claude Donnay.
D’emblée, le lecteur est embarqué dans l’univers tragi-comique du narrateur, Nathan Rivière. Celui-ci se définit lui-même : « J’ouvre un tiroir et le referme, un autre et je le referme. Toujours à l’extérieur du meuble ». À un tournant décisif de sa vie, ce personnage torturé et attachant simule un burn-out afin de se délivrer de sa vie maritale et professionnelle, toutes deux en déliquescence. De fil en aiguille, il se retrouvera empêtré dans un autre mensonge qu’il ne pourra plus maîtriser (« Comment ai-je pu avoir une idée aussi tordue, et aussi dégueulasse ? … Comment imaginer faire machine arrière, le processus était enclenché… »).
Fraîcheur, légèreté, gravité, profondeur, sensibilité et humour (« ma conscience a la souplesse d’une jeune prostate ») émaillent ce roman très réussi de Claude Donnay (son quatrième).  
L’écriture est savoureuse (tantôt comique, tantôt poétique) et on peut dire que l’auteur a le sens de la formule (« comment douter de la plénitude du vide ? »).
En prime, deux romans pour le prix d’un (vous comprendrez en lisant le livre). Lumineux ! Et c’est du belge…
Leila Zer, FB.


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Tout est bien qui finit bien…
« Les écrivains passent souvent pour des obsédés sexuels, à tort ou à raison, mais moi je n’écris rien… Je ne fais rien… je ne suis rien… Parfois je me demande si mon faux burn out n’est pas en train de muter comme un virus asiatique. » Tels sont les propos désenchantés de Nathan Rivière, « héros » de L’heure des olives, dernier roman de Claude Donnay.
En rupture de boulot suite à ce soi-disant burn out qu’il simule avec maestria depuis trois mois, en rupture d’épouse  (ils vont divorcer par manque de cette belle complicité si précieuse et nécessaire lorsque les feux de l’amour risquent de se mettre en veilleuse)… En rupture aussi de sa belle-famille (conservatrice, riche et admiratrice inconditionnelle de Trump), que la nouvelle du prochain divorce satisfait plutôt vu le manque d’envergure que lui reproche aussi son ambitieuse (et provisoire) épouse… En rupture encore de l’écrivain qu’il a pu rêver d’être alors qu’il découvre un jour que son père vient de terminer un livre, ce qu’il était à mille lieues d’imaginer… alors que, mieux encore, la lecture du manuscrit lui révèle un texte excellent qui marie l’odyssée de migrants à la frontière franco-italienne avec une intrigue sentimentale entre le passeur et une jeune Irakienne…
C’est en acceptant un dérivatif proposé par sa sœur que Nathan a rencontré une certaine Alex(andra) Rakine dans le gîte-ermitage français de saint-Walfroy, proche d’Orval, avec qui il noue une amitié bientôt transformée en relation amoureuse au fil de rencontres ardennaises épisodiques. Alex est une femme très secrète qui parait en accord parfait avec la nature et avec ce lieu de ressourcement. Mais Rivière finit par découvrir qu’elle est aussi une menteuse à sa façon et qu’elle habite Paris (et non pas Reims) où elle codirige une maison d’édition en vogue, sous le pseudonyme passablement flamboyant, de Pénélope Verdurin. (pseudo hérité à la fois de La Recherche et non pas – précise l’auteur – d’Homère, mais de Pénélope Jolicoeur, fringante héroïne des Fous du volant, une série animée foldingue des années 1960).
Suite à un concours de circonstances qu’il contrôle mal, il propose  la lecture du manuscrit de son père à « Pénélope/Alex » qui persuadée –sans être démentie – que Rivière (fils) en est l’auteur, décide de le publier… Le voilà donc prisonnier d’une chaîne de mensonges (à commencer par le burn out) qui ne sont même pas le fait d’un imposteur invétéré, mais plutôt celui d’un être invertébré dont l’attitude justifie douloureusement le désenchantement. Sans oublier un souvenir qu’il traîne comme une vieille casserole : le débordement sexuel imposé à sa sœur lors de vacances à Noirmoutier où les deux adolescents partageaient le même lit. Souvenir d’autant plus troublant que cette sœur qu’il aime sincèrement et qui le lui rend bien, n’a jamais réagi ni fait allusion à ce moment d’égarement dont il aurait aimé se faire pardonner.
Son désarroi est à son comble lorsque son père lui apprend qu’il a envoyé son manuscrit à un éditeur. Quant à Alex, elle lui paraît de plus en plus détachée de lui… Heureusement, la rencontre avec Ludmilla, une adorable et généreuse lesbienne, amie de longue date d’Alex-Pénélope, l’aidera à dénouer ce sac de nœuds. Ainsi viendra L’heure des olives. Celle où – dit-on – elles sont mûres et propres à une récolte, en l’occurrence plutôt miraculeuse…
Que demander de plus ? Si ce n’est déjà un peu trop… Mais Claude Donnay est avant tout un poète dont la vision positive des choses conditionne aussi le romancier.
Ghislain Cotton, Le Carnet et les Instants

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L'auteur a déjà publié pas mal de recueil de poèmes. Il est d'ailleurs le fondateur de la revue et des éditions Bleu d'Encre, consacrées à la poésie. L'heure des olives est son quatrième roman.
Nathan Rivière, le héros et le narrateur de ce récit, vit dans le mensonge. Il invente un burn out afin de s'octroyer une longue pause et de, peut-être, quitter son travail définitivement.
Son couple ne fonctionne plus. Ce n'est pas chez sa femme qu'il trouvera des encouragements.
Sa sœur, Evelyne, l'emmène à Saint-Walfroy dans une sorte de retraite où il rencontrera une femme un peu mystérieuse qui ne tardera pas à le fasciner : Alex. Quand il se rend compte que la jeune femme lui ment, notamment sur son identité, il décide de lui rendre la pareille et pose un acte qu'il regrettera toute sa vie.
Alexandra est, en fait, une éditrice très connue à Paris et comme son père vient de lui confier un manuscrit qu'il a écrit en secret, Nathan décide de se faire passer pour l'auteur de ce manuscrit, un gros mensonge qui bouleversera toute sa vie.
Les personnages de Claude Donnay sont bien campés. J'ai beaucoup aimé vivre leur cheminement.
Le suspense est omniprésent. Je me suis demandé comment Nathan allait bien pouvoir se dépêtrer de la mélasse dans laquelle il s'est fourré.
Et puis, l'auteur a réussi la prouesse d'inclure un roman dans le roman avec le manuscrit du père du héros, manuscrit que Nathan recopie petit à petit dans un carnet et qu'il distille, goutte à goutte, au lecteur impatient de connaitre le fin mot de ces deux histoires.
Une belle réussite.
Philippe Dester, blog.


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Très beau roman à la fois touchant et prenant. […] Un livre très bien écrit au style sobre, précis et sensible. Des thèmes comme l’immigration, le pardon, le mensonge, la bienveillance, le chemin de vie. J’ai beaucoup aimé la mise en abyme du roman du père de Nathan qui répond au roman de Claude Donnay. Cela crée un suspense et donne à voir au lecteur une forme originale avec ces deux histoires intrinsèquement liées. « L’heure des olives » aborde aussi l’identité, les choix de vie, le mensonge dans toutes ses dimensions. Claude Donnay a choisi de narrer des thèmes qui font l’actualité, ancrés dans la réalité de tout lecteur. La fin ouverte laisse place à l’imagination. Une lecture que je conseille. (luciled18, Babelio)

MAIS AUSSI
J’aurais aimé dire du bien de ce roman […], mais je n’en ai pas trouvé. […] un narrateur sans aucune richesse ni particularité (un peu comme George Clooney, mais sans la beauté) […] le milieu de l’édition est décrit de manière irréaliste voire cliché, ce qui pousse le héros à cette mystification reste peu fouillé, voire illogique, et surtout, la relation entre le père et le fils ne compose qu’une infime partie, là encore très stéréotypée, du roman […] La Littérature se doit en premier lieu d’émouvoir. Elle y parvient par différents moyens, mais ici, je n’ai trouvé aucun d’entre eux. […] Nathan pourrait être mon voisin, et je me fiche bien de sa vie inintéressante et de sa psychologie à deux sesterces […] le milieu de l’édition est décrit de manière irréaliste voire cliché […] les descriptions sont quasiment absentes et manquent de vie, et le style est pauvre, à la limite du cliché, surtout dans les dialogues qui ne sonnent pas justes, et surtout sonnent tous de la même manière : les personnages ne sont pas caractérisés par leur langage et ils pourraient aussi bien être intervertis que ça ne changerait rien […]  (mellemars, Babelio)

Nous avons choisi de montrer aussi cet avis négatifs assez stupéfiant, tous les professionnels de la critique ayant au contraire souligné la finesse d'une écriture poétique. On aurait aimé un minimum d'argumentation, notamment sur la psychologie à deux sesterces, l'absence de descriptions (qui sont pourtant magnifiques dans le roman du père et logiquement moins développées dans la tête du fils noyé dans ses problèmes existentiels "à deux sesterces", le milieu de l'édition irréaliste voire cliché (alors que l'auteur est aussi éditeur). Vous avez dit bizarre ?

L’écriture, le style assez grossier, pas grandement de finesse dans l’écriture…Mais au fil des pages, on se prend dans l’histoire et on essaie de lire dans l’être profond de Nathan Rivière : ce burn-out, sa femme, son couple à la dérive… il a l’air profondément malheureux en fait ! Sous ces airs de « bourru », « d’homme à femmes », se cache un réel mal-être. (vitamine68, Babelio)



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Claude Donnay se met à « L'Heure des olives »
[…]
L'histoire: un homme simule un burn-out puis s'empare du manuscrit écrit par son père pour tenter de séduire une femme étrange. Le roman se divise en 40 séquences et se déroule d'avril 2018 à septembre 2019, débute à Waterloo et se termine à Saint-Walfroy, pas très loin de Reims.
Le personnage principal évolue entre le Brabant wallon et la France (Arcachon, Paris et Calais, avec une incursion dans la vallée de la Roya, dans les Alpes maritimes). Tous lieux qui permettent à l'auteur de se lancer dans de belles descriptions paysagères, mais aussi de faire vivre à ses personnages de grands moments d'amour, de déception, d'altruisme et de solidarité.
Des lieux aussi qui lui permettent de jumeler quasiment deux histoires: celle du narrateur et celle imaginée par le père de celui-ci dans son roman, ce qui provoquera un coup de théâtre assez hardi dont on ne livrera rien ici.
L'Heure des olives est un roman qui reflète l'actualité, en l'effleurant (la politique belge, les migrants de Calais) et qui propose aussi quelques moments profonds de sensualité.
Michel MOTTE, L’Avenir


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Nathan simule un burn-out pour quitter son job et retrouver sa liberté, sa femme est en train de le quitter, il se sent un peu coupable. Il ne veut plus de cette vie avec une belle famille qui ne connaît que deux préoccupations le pouvoir et l’argent, une sœur qu’il ne voit presque plus et un job qui ne le passionne nullement. Il rêve d’une vie simple et authentique, il ne veut plus des faux semblants et des artifices. Sa sœur réussit à l’emmener à la campagne pour un week-end de détente où il rencontre Alex, une femme plus âgée que lui qui l’attire franchement, elle l’entraîne en balades dans la campagne où ils finissent par se séduire mutuellement.
Il a menti à Alex, Alexandra, elle lui a menti elle aussi, ils ont inventé des personnages compatibles pour vivre une aventure en cachette, loin de leur monde réciproque. Mais leur histoire bascule quand Nathan, voulant en savoir plus sur sa belle, découvre qu’elle est avec sa collègue une égérie du monde parisien de l’édition, qu’elles font et défont les carrières littéraires des plus grands auteurs. Alors pour l’épater et redorer son image personnelle, il lui dit qu’il écrit et le prouve en lui adressant, sous son nom, le manuscrit que son père a écrit. Hélas, pour lui, ce texte est très bon, il est promis à une belle carrière éditoriale ! Nathan bascule alors totalement dans une double vie, dans un imbroglio insoluble dont il ne pourra sortir qu’à l’aide d’une écrivaine qui le confie à son père.
Ce texte d’une très grande richesse comporte plusieurs entrées, c’est tout d’abord une réflexion sur le mensonge, le mensonge provoqué par les vices de notre société où il faut souvent mentir pour ne pas perdre la face et tout ce qui s’en suit. Nicole trompe Nathan qui le quitte, Alex ment à Nathan sur sa double vie…, mais c’est surtout Nathan qui ment à tout le monde (employeur, épouse, famille…) en laissant croire qu’il souffre d’un « burn out », mais aussi à son père à qui il a volé son manuscrit pour le faire éditer sous son pseudo personnel. L’auteur semble se demander comment peut-on vivre dans notre monde en disant toujours la vérité ? Est-elle seulement bonne à être toujours dévoilée ?
C’est aussi un livre militant où l’auteur à travers le récit escroqué au père qu’il plonge en abyme dans l’histoire de Nathan – ou peut-être est-ce l’histoire de Nathan qui tombe en abyme dans le récit paternel ? – défend farouchement la cause de ceux qui aident les migrants à trouver une meilleure vie dans un monde où ils sont contraints de se réfugier sans y être acceptés.
On peut y voir aussi une belle image de la femme moderne, libre, indépendante, chargée de haute responsabilité : Nicole est une executive woman, Pénélope et Jasmine règnent sur le monde littéraire germanopratin, Pénélope et Nicole ont des amants de passage, Ludmilla et Ingrid sont des artistes reconnues. Toutes sont des femmes séduisantes et entreprenantes qui n’hésitent pas à séduire quand elles en ont envie, ce sont elles qui décident ! Ce livre est aussi un « témoignage » sur l’écriture et le cahoteux parcourt que doivent emprunter ceux qui veulent recevoir la reconnaissance de l’édition qui n’est hélas, pour bon nombre, qu’une illusion éphémère.
Mais, à mon avis, ce roman est avant tout un grand texte sur l’amour, pas toujours possible, mais l’amour sous toutes ses formes : Nicole et Nathan aurait pu construire un bon couple, mais la barre parentale était trop haute, Pénélope a aimé John, Ludmilla aime Ingrid, Côme tombe amoureux d’une migrante… Et l’amour n’est pas que sexuel, il existe aussi entre le père et le fils, le frère et la sœur et il peut se muer en amitié comme entre Nathan et Anton. Mais ce roman est avant tout un grand roman d’amour impossible, une histoire d’amour comme il n’en existe que dans les grandes œuvres littéraires qui surpassent les temps.
Denis Billamboz ; critiqueslibres.com et mesimpressionsdelecture.unblog
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